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vendredi 24 janvier 2014, par

SOME OF US WENT out for lunch to a new place every day and made lunch an event. Others, like Old Brizz, stayed in and had the same thing, day after day. Sometimes it was to save money. Other times it was to avoid the company of people who, from nine to noon and from one to six, we had to give ourselves over to unconditionally. For an hour in between, time reverted back to us, and sometimes we took advantage of that hour by closing our doors and eating alone.Joshua Ferris, Then We Came to the End
Cet extrait est réel : me retrouve à le lire au café où je mange en lisant tous les jours, oloé un petit peu, les yeux plantés dans l’eink et surtout pas au-dessus de ma tête, tous les collègues ou presque viennent se servir ici, sur place, à emporter, il faut que je reste en tête à tête avec moi-même voilà l’histoire. Si je viens ici, c’est autant pour la bouffe, l’habitude, et parce que j’y retrouve derrière le comptoir la seule personne dans ma journée qui me demandera : vous lisez quoi en ce moment ? Et je connais pas son nom ni ce qu’elle pense mais je sais que ça l’intriguait le Dictionnaire khazar et que son gamin tentera le concours de l’ENS l’année prochaine. Je prends plus de muffin depuis des jours, c’est pas les 68 kg qui m’en empêchent, c’est autre chose je crois, superstition de crâne et de corps, j’ai pris des fraises c’est fade. Quoiqu’il en soit, dans Then We Came to the End, ça va au-delà de la simple représentation de la vie en entreprise, au-delà de la boulimie d’informations dépourvues de sens chronologique trop clair, par exemple : c’est cette façon de toujours dire nous sans dire une seule fois je.
Publié originellement sur http://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?article2039