le musée mis à nu par ses visiteurs

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Atelier 1 (Gabrielle d’Estrées)

D’après Repasseuses, de Martine Sonnet. Texte disponible sur Nerval.fr.

Dans son texte Martine Sonnet fait dialoguer les deux repasseuses de Degas. C’est un dialogue de théâtre découpé en scène de durées égales (diffusion initiale sur France Culture) et dont les personnages sont identifiés par "repasseuse qui baille" et "repasseuse qui repasse", donnant déjà le ton des échanges possibles, des points de vue possibles. Mais pas seulement ça, il y a aussi la conscience que les personnages ont d’avoir été peints par Degas et d’avoir la mémoire de leur corps-peinture à travers les années, de galerie en musée. Les repasseuses entendent et voient les visiteurs du musée. Ce sont des repasseuses en tant que personnages peints qui dialoguent et cette complexité, cette richesse sont données dès la première réplique. Petit à petit, tout en restant ce que le texte prétend qu’elles sont, une fois ce contrat avec le lecteur passé nécessairement et immédiatement, les personnalités vont pouvoir se libérer de ce contexte, se déployer dans des directions fictives inattendues, et on pourra même reconnaître au ton, au vocabulaire, pourtant assez proches pour des raisons évidentes (elles travaillent ensemble, sont issues du même milieu…) et aussi jusqu’au sens politique du discours, qui parle sans avoir besoin de ce reporter au nom de celle qui parle.

  • d’après le tableau choisi, faire dialoguer les deux personnages (et deux seuls) de peinture, comme on dirait de papier
  • dans le temps de la pose qu’ils ont sur la peinture
  • en choisissant peut-être simplement dans un premier temps de ne pas mettre en scène leur être-peinture comme le fait Martine Sonnet
  • en les identifiants simplement (ex : le vieillard, le jeune garçon, celle qui pince, celle qui est pincée…), sans autre indications (ce n’est pas une pièce de théâtre à jouer mais un dialogue à dire)
  • choisissant pour chacun d’eux un ton reconnaissable qui laissera entrevoir sa personnalité, fera naître entre eux un nœud de discorde qui animera la conversation.
  • choisissant peut-être d’ignorer l’identité supposée des personnages pour le portrait de Gabrielle d’Estrées et de sa sœur.