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	<title>&#192; Louvre Ouvert</title>
	<link>https://relire.net/louvre-ouvert/</link>
	<description>Avec une excursion au Grand Palais : Bill Viola. Se rep&#233;rer dans le Mus&#233;e.</description>
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		<title>Comme une armure</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luc Dall'Armellina</dc:creator>


		<dc:subject>aile Richelieu </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sa langue alanguie tangue les mots s'accrochent au bastingage &#231;a percutaille Ses mots foutraques jet&#233;s ramass&#233;s lev&#233;s jet&#233;s cass&#233;s &#224; la gueule des passants Ses cris insultes incultes elle en fait tout un culte &#224; la gloire des gueulards Elle a quoi quarante ans ses yeux rouges scrutent chaque chose autour Ses phrases pas fnies ses crachats l&#226;ch&#233;s entre deux &#231;a fait comme un flow Ses adresses agressives ses cris d&#233;fonc&#233;s au coin martel&#233;s dans sa gorge Ses gestes aux bras fous aux mains (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau-deuxieme-question" rel="directory"&gt;Que faire de la peau, deuxi&#232;me question&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/aile-Richelieu" rel="tag"&gt;aile Richelieu &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sa langue alanguie tangue les mots s'accrochent au bastingage &#231;a percutaille &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses mots foutraques jet&#233;s ramass&#233;s lev&#233;s jet&#233;s cass&#233;s &#224; la gueule des passants &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses cris insultes incultes elle en fait tout un culte &#224; la gloire des gueulards &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a quoi quarante ans ses yeux rouges scrutent chaque chose autour&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses phrases pas fnies ses crachats l&#226;ch&#233;s entre deux &#231;a fait comme un flow &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses adresses agressives ses cris d&#233;fonc&#233;s au coin martel&#233;s dans sa gorge &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses gestes aux bras fous aux mains percutant sa poitrine et ses cuisses&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle porte un tailleur Herm&#232;s elle a les ongles d&#233;faits de chocs et d'accrocs&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses mots sont tant&#244;t connus tant&#244;t connus d'elle seule tant&#244;t les invente dans sa forge&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa forge &#224; mot c'est son corps tout entier artiste en transe ou folle en performance&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa geste part du ventre qu'elle ondule &#233;lectrique &#231;a part ensuite dans ses membres &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle porte des talons aiguilles qui lui tordent les chevilles qui vrillent droite et gauche&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses lettres m&#234;mes ses lettres des mots de ses phrases qui sont si peu des phrases&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses phrases si peu les balancent comme des boucliers qui font la tortue autour d'elle&lt;br class='autobr' /&gt;
Son combat qu'elle livre impossible &#224; dire contre qui mais peut-&#234;tre personne&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle porte sa rage folle comme un &#233;tendard une f&#234;lure, comme une armure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luc Dall'Armellina&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier, Le Louvre, 27 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir de l'Armure d'Henri II, vers 1559, France, fer repouss&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Situation : Richelieu, 1er &#233;tage, Charles Quint, Salle 24&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Contre toute attente</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c Le Sayec</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ca y est, il l'avait fait ! Contre toute attente et contre tout bon sens, il avait d&#233;jou&#233; les sentinelles du Louvre et s'&#233;tait empar&#233; de l'armure qu'on avait longtemps prise pour celle d'Henri II. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourquoi diantre avait-il fait cela ? Pour l'argent ? Cela ne l'int&#233;ressait pas. Pour la collection ? Les valeurs mat&#233;rielles lui importaient peu. Pour faire la une Parisien ? Non, il r&#233;p&#233;tait &#224; qui voulait l'entendre que pour vivre heureux, il fallait vivre cach&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une femme, il y a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau-deuxieme-question" rel="directory"&gt;Que faire de la peau, deuxi&#232;me question&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ca y est, il l'avait fait ! Contre toute attente et contre tout bon sens, il avait d&#233;jou&#233; les sentinelles du Louvre et s'&#233;tait empar&#233; de l'armure qu'on avait longtemps prise pour celle d'Henri II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourquoi diantre avait-il fait cela ? Pour l'argent ? Cela ne l'int&#233;ressait pas. Pour la collection ? Les valeurs mat&#233;rielles lui importaient peu. Pour faire la une Parisien ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Non, il r&#233;p&#233;tait &#224; qui voulait l'entendre que pour vivre heureux, il fallait vivre cach&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme, il y a toujours une femme quelque part et c'est bien l&#224; qu'il fallait chercher. Notre larron, tout &#224; fait h&#233;ros en ce moment, partait &#224; l'assaut de l'inexpugnable montagne Sainte Genevi&#232;ve. Une fois parvenu, il sortit le pesant attirail de son sac de sport dont les coutures mena&#231;aient dangereusement de rompre et s'affubla de sa nouvelle peau. Il &#233;tat pr&#234;t. Il se mit alors e marche vers Saint-Etienne du mont o&#249; l'attendait l'objet de tous ses d&#233;sirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus rien ne pouvait l'arr&#234;ter maintenant qu'il &#233;tait par&#233;. Il n'&#233;tait plus le timide jouvenceau trop &#224; l'&#233;troit dans son costume d&#233;gingand&#233;. Il avait fait peau neuve et c'est d'un pas d&#233;cid&#233; qu'il progressait maintenant. Son invuln&#233;rable timidit&#233; semblait un lointain souvenir &#224; l'homme d'airain. Finie la peau h&#226;ve et la mollesse estudiantine, la compression de son &#234;tre. Il respirait le courage, sentait l'expansion infinie de son &#234;tre qui allait lui permettre enfin de s'ouvrir &#224; la dame.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L.L.S&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier, Le Louvre, 27 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir de l'Armure d'Henri II, vers 1559, France, fer repouss&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Situation : Richelieu, 1er &#233;tage, Charles Quint, Salle 24&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'affaire du d&#233;nomm&#233; J&#233;sus</title>
		<link>http://relire.net/louvre-ouvert/L-affaire-du-denomme-Jesus</link>
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		<dc:date>2016-04-03T07:17:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lo&#239;c Le Sayec</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vous &#234;tes ici pour l'affaire du d&#233;nomm&#233; J&#233;sus, n&#233; &#224; Bethl&#233;em, fils de Marie et de Pierre mais se pr&#233;tendant fils de Dieu. Vous &#234;tes entendu en qualit&#233; de t&#233;moin, mais sachez qu'&#224; tout moment vous pourriez devenir suspect. Tout ce que vous direz pourra &#234;tre retenu contre vous. Connaissez-vous le d&#233;nomm&#233; J&#233;sus ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, tout le monde le conna&#238;t ici, et pas seulement ici. Sauf votre respect, il faudrait &#234;tre sot ou menteur pour affirmer le contraire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Allons, allons, boniments que tout cela, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Comment-representer-la-souffrance" rel="directory"&gt;Comment repr&#233;senter la souffrance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous &#234;tes ici pour l'affaire du d&#233;nomm&#233; J&#233;sus, n&#233; &#224; Bethl&#233;em, fils de Marie et de Pierre mais se pr&#233;tendant fils de Dieu. Vous &#234;tes entendu en qualit&#233; de t&#233;moin, mais sachez qu'&#224; tout moment vous pourriez devenir suspect. Tout ce que vous direz pourra &#234;tre retenu contre vous. Connaissez-vous le d&#233;nomm&#233; J&#233;sus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tout le monde le conna&#238;t ici, et pas seulement ici. Sauf votre respect, il faudrait &#234;tre sot ou menteur pour affirmer le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons, allons, boniments que tout cela, tenez-vous en aux faits. D'o&#249; connaissez-vous le suspect ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fricot&#233; avec ma s&#339;ur il y a quelques ann&#233;es. Pas un jour ne passait sans qu'on le voit au bordel ; il avait toujours un mot gentil pour la patronne ou pour moi, qui tra&#238;nait dans les jupes de Madeleine. Pas comme ces Romains : 2 coups d'glaive, 3 coups de bassin et compte pas sur les croissants l'lendemain matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mod&#233;rez-vous ou l'on se chargera de vous rappeler ce qu'il en est des griffes de l'aigle romaine. Savez-vous les faits qui lui sont reproch&#233;s ? Trouble &#224; l'ordre public, racolage, incitation &#224; l'&#233;bri&#233;t&#233;, pr&#233;tention de miracles &#8211; autrement dit escroquerie -, faux et usage de faux, imposture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, j'en ai entendu parler. Un sacr&#233; tableau de chasse, il a bien chang&#233; le p&#232;re. On le dit pourtant saint. Je n'ai jamais &#233;t&#233; le t&#233;moin de ces faits de bravoure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne feriez-vous pas ou n'auriez-vous pas fait partie de ses disciples ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oh, &#231;a, non ! Si je disais &#231;a, c'&#233;tait par &#233;tonnement, mais j'en suis pas. C'est pas faute d'avoir &#233;t&#233; tent&#233;, ils savent se vendre : &#171; une &#233;ternit&#233; de d&#233;lices &#187;, tout &#231;a, tout &#231;a... Je les ai bien suivis quelques temps, mais Pierre m'avait dans lez et puis... j'arrive pas &#224; partager. Non, non, j'ai d&#238;n&#233; quelques fois avec la bande, on a tra&#238;n&#233; un peu ensemble, mais rien de s&#233;rieux. C'est que j'voudrais pas finir comme lui, vous l'avez bien arrang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; n'est pas la question. Avez-vous &#233;t&#233; t&#233;moin de ses agissements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour s&#251;r ! Un vrai roi du passe-passe ! J'ai eu beau zyeuter encore et encore, &#224; chaque fois il m'avait, et il n'a jamais voulu cracher son secret. Et vas-y que j'te multiplie les pains et que j'te change la flotte en jaja. Son sang qu'il disait ; un sacr&#233; dr&#244;le, le p&#232;re !&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre &#233;cart et je vous garde jusqu'aux prochaines Saturnales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;O&#249; l'avez-vous vu pour la derni&#232;re fois ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ses derniers jours. Enfin, il para&#238;t qu'il reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvez-vous &#234;tre plus pr&#233;cis s'il vous pla&#238;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme beaucoup, je l'ai suivi de son arrestation jusqu'au terminus. Il en faisait une t&#234;te quand ils l'ont cueilli, fallait voir &#231;a. Bl&#234;me comme son pagne, le visage de marbre. Puis vous l'avez fait fouetter. A chaque coup on morflait pour lui. Lui, il &#233;tait calme ; les autres hurlaient &#224; chaque coup. J'avais jamais vu une avoin&#233;e comme celle-l&#224;. Son dos, c'&#233;tait du r&#244;ti. Il fallait le voir trembler comme une feuille. Et clac, clac, le fouet dansait sur son dos tel une pucelle la veille de l'hym&#233;n&#233;e. Plus on frappait, plus &#231;a s'ouvrait, comme le pain qui gonfle au four. Mais l&#224;, pas de cro&#251;te, du sang et pas du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lo&#239;c L.S.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 20 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir du retable de Niccolo di Liberatore (dit L'Alunno) 1430-1502&lt;br class='autobr' /&gt;
composition : Deux anges portant un cartouche ; Le Christ au Jardin des Oliviers et la Flagellation ; Le Portement de Croix ; La Crucifixion ; Joseph d'Arimathie et Nicod&#232;me sur le chemin du Calvaire. 1492&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Il &#233;tait en paix</title>
		<link>http://relire.net/louvre-ouvert/Il-etait-en-paix</link>
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		<dc:date>2016-04-03T07:16:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fort</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mus&#233;e du Louvre, 20 janvier 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
A 19h16 se pr&#233;sente devant moi, psychologue chef des arm&#233;es, une personne qui d&#233;clare ne pas savoir qui elle est. Je l'&#233;coute attentivement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle dit &#171; venir pour le meurtre de son fils, arr&#234;t&#233; la veille par des soldats. &#187;Il aurait &#233;t&#233; &#171; d&#233;nonc&#233; &#224; Ponce Pilate pour trouble de l'ordre public &#187;. Elle pr&#233;tend que &#171; c'est faux &#187;. Le lendemain, elle le revoit &#171; dans la rue avec une couronne d'&#233;pines sur la t&#234;te : on voulait le faire passer pour un roi, le roi (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Comment-representer-la-souffrance" rel="directory"&gt;Comment repr&#233;senter la souffrance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mus&#233;e du Louvre, 20 janvier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 19h16 se pr&#233;sente devant moi, psychologue chef des arm&#233;es, une personne qui d&#233;clare ne pas savoir qui elle est. Je l'&#233;coute attentivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dit &#171; venir pour le meurtre de son fils, arr&#234;t&#233; la veille par des soldats. &#187;Il aurait &#233;t&#233; &#171; d&#233;nonc&#233; &#224; Ponce Pilate pour trouble de l'ordre public &#187;. Elle pr&#233;tend que &#171; c'est faux &#187;. Le lendemain, elle le revoit &#171; dans la rue avec une couronne d'&#233;pines sur la t&#234;te : on voulait le faire passer pour un roi, le roi des Juifs. Mais dit-elle, il n'est pas le roi des Juifs, il est le fils de Dieu &#187;. &#171; Ca fait 33 ans &#187; qu'elle le &#171; conna&#238;t &#187;. Elle ajoute &#171; qu'on n'a pas le droit de faire &#231;a &#224; une m&#232;re &#187;. Elle veut porter plainte &#171; parce qu'ils l'ont mis sur une croix &#187;. Elle pense qu' &#171; il y est encore &#171; et voudrait qu' &#171; on le descende de sa croix &#187;. Elle hurle : &#171; Pour le crucifier, pour le torturer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours s'av&#232;re compl&#232;tement d&#233;cousu et r&#233;p&#233;titif (la femme poursuit, sans fin). Toujours et encore, elle ressasse son innocence. Elle se dit triste et en col&#232;re, afflig&#233;e, avec deux &#171; f &#187; pr&#233;cise-t-elle (certainement parce qu'elle est institutrice).&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout semble indiquer qu' elle vit dans une autre temporalit&#233;, obs&#233;d&#233;e par le fait que son fils est encore sur la croix. Le seul retour au pr&#233;sent est li&#233; &#224; l'inqui&#233;tude de savoir ce qu'on va faire de ses propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan :&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette personne pr&#233;sente des troubles parano&#239;aques (&#171; J'ai toujours &#233;t&#233; mise &#224; distance &#187;) ainsi que des troubles hallucinatoires (&#171; Ce sont des gardes, sur des chevaux, avec des pics qui emp&#234;chent la foule de se s'approcher &#187;). Elle semble revivre certaines sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forte suspiscion de tendances schizophr&#232;nes. La patiente &#233;voque des miracles et revient sur le fait que son fils est le &#171; fils de Dieu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 19h27, elle veut cesser l'entretien. Elle se l&#232;ve et semble s'adresser &#224; un interlocuteur invisible. Elle se calme et se rassied.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle dit que son fils n'avait pas l'air de souffrir, contrairement aux autres. Elle se tait et se mure dans un long silence. Puis elle me regarde fixement : &#171; Il &#233;tait en paix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PLF&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 20 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir du retable de Niccolo di Liberatore (dit L'Alunno) 1430-1502&lt;br class='autobr' /&gt;
composition : Deux anges portant un cartouche ; Le Christ au Jardin des Oliviers et la Flagellation ; Le Portement de Croix ; La Crucifixion ; Joseph d'Arimathie et Nicod&#232;me sur le chemin du Calvaire. 1492&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;lit de solidarit&#233;</title>
		<link>http://relire.net/louvre-ouvert/Delit-de-solidarite</link>
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		<dc:date>2016-04-03T07:16:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luc Dall'Armellina</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vous &#234;tes ici pour l'affaire du dit J&#233;sus, &#224; titre de t&#233;moin, mais sachez qu'&#224; tout moment, vous pouvez devenir suspect de collaboration avec lui. Connaissez vous ce Jesus ? Si oui, d'o&#249; le connaissez vous ? &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai connu J&#233;sus Le Nazar&#233;en il y a dix ans environ, alors que j'&#233;tais berger, entre Nazareth et Bethlehem. Les gens comme nous voyagent au rythme de leur troupeau, lentement, nous sommes des nomades, nous vivons dans les trous du sol, dans de petites grottes qui nous ofrent l'abri (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Comment-representer-la-souffrance" rel="directory"&gt;Comment repr&#233;senter la souffrance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous &#234;tes ici pour l'affaire du dit J&#233;sus, &#224; titre de t&#233;moin, mais sachez qu'&#224; tout moment, vous pouvez devenir suspect de collaboration avec lui.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Connaissez vous ce Jesus ? Si oui, d'o&#249; le connaissez vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai connu J&#233;sus Le Nazar&#233;en il y a dix ans environ, alors que j'&#233;tais berger, entre Nazareth et Bethlehem. Les gens comme nous voyagent au rythme de leur troupeau, lentement, nous sommes des nomades, nous vivons dans les trous du sol, dans de petites grottes qui nous ofrent l'abri pendant les fortes chaleur et nous pr&#233;servent du froid pendant la nuit, elles sont notre maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je sais comment vous vivez, vous les bergers, dites-moi plut&#244;t les circonstances de votre rencontre avec lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a dix ans, J&#233;sus vivait en nomade comme moi, mais il n'avait pas de troupeau. Il vivait en solitaire, de qu&#234;te au bon vouloir des personnes qui croisaient son chemin. La premi&#232;re fois que je l'ai rencontr&#233;, j'ai vu qu'il cherchait &#224; parler, je l'ai approch&#233;, j'ai partag&#233; mon pain et mon fromage, que je fabrique, j'ai mis de l'eau dans l'outre de vin en peau de ch&#232;vre que j'ai toujours avec moi afin qu'on en ait pour deux. Il a trouv&#233; que c'&#233;tait une bonne id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il disait &#234;tre en qu&#234;te d'un ermite du nom de Jean. Il cherchait cet homme connu pour donner le bapt&#234;me, un rite tres ancien, afn de se purifer et d'&#234;tre digne d'entrer selon lui, dans le royaume de son p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai alors interrog&#233; sur son p&#232;re : &#233;tait il riche ? Et pourquoi donc vivait-il comme un mendiant alors que son p&#232;re poss&#233;dait un royaume ? Il a alors trac&#233; dans le sable avec son doigt, deux cercles qui se recouvraient l&#233;g&#232;rement. Il m'a dit, d&#233;signant le premier cercle, vois-tu : il y a le monde des richesses terrestres dans lequel je ne suis que de passage et o&#249; je n'ai pas de p&#232;re ; l'autre cercle est celui des richesses c&#233;lestes, c'est le royaume de mon p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je lui ai demand&#233; s'il voyait souvent son p&#232;re, parce que quand on a un p&#232;re qui est aux cieux... il m'a r&#233;pondu en souriant : &#034;A chaque fois que je vois un coeur pur, je vois mon p&#232;re&#034;. C'&#233;tait un po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'avez vous fr&#233;quent&#233; ensuite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, j'ai poursuivi ma route avec mon troupeau, on dit qu'il vivait alors avec des proches, quelques hommes qui l'accompagnaient partout. J'en ai surtout entendu parler, on disait qu'il faisait des miracles... Qu'il changeait l'eau en vin, qu'il multipliait les pains, des choses comme &#231;a, ce que font les bergers depuis la nuit des temps, mais lui, a mis des mots sur nos pratiques, en a fait une histoire, et les histoires se r&#233;pandent partout, tr&#232;s vite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Connaissez vous les faits qui lui sont reproch&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle de troubles &#224; l'ordre public, de scandale, il aurait chass&#233; les marchands d'un temple en disant que c'&#233;tait indigne de la maison de son p&#232;re, il aurait redonn&#233; la vue &#224; un aveugle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Avez vous &#233;t&#233; t&#233;moin de ces agissements ? Quand et &#224; quel propos ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, je vous ai tout dit le concernant, avant aujourd'hui. Ceux qui ont vu ces &#034;agissements&#034; n'ont pas eu &#224; s'en plaindre je crois, car c'est un homme de bien. Aujourd'hui... j'ai vu un homme simple, port&#233; sur les histoires et parlant beaucoup trop de son p&#232;re il est vrai, mais est-ce un crime ? J'ai vu un homme humili&#233; par ses bourreaux, les mains li&#233;es dans le dos, marchand sous le poids d'une croix de ch&#234;ne de trois fois son poids. J'ai vu les visages d&#233;form&#233;s par la jouissance d'une foule haineuse, j'ai vu des soldats riants &#224; le relever &#224; coups de pieds, j'ai vu ses membres et ses c&#244;tes bleuir sous les coups, j'ai vu sa sueur, j'ai vu son sang s'y m&#234;ler, j'ai vu ses yeux quand je lui ai pass&#233; ma gourde pour lui donner &#224; boire, il avait deux dents cass&#233;es et saignait de la bouche, j'ai vu qu'il avait reconnu ma gourde, j'ai vu son regard &#224; ce moment l&#224; et ne l'oublierait pas. C'est alors que vos hommes m'ont arr&#234;t&#233;. J'ai vu encore par dessus leurs &#233;paules, ces femmes qui pleuraient, tordues de douleur, criant, implorant qu'on le laisse tranquille. On eut dit que, seules les femmes pr&#233;sentes lui voulaient du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faites-vous partie ou avez vous fait partie de ses disciples ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, jamais, j'ai mon propre troupeau, j'aime ma libert&#233;, je n'ai pas de royaume et n'en veut pas poss&#233;der. Je ne veux ni d'un p&#232;re, ni d'un dieu ni d'un ma&#238;tre. Je peux y aller maintenant car le ciel gronde, l'orage approche et mes brebis sont seules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Gardes, mettez cet homme aux arr&#234;ts ! &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais... pourquoi ?!!!
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Aux motifs d'inspiration de la subversion et de d&#233;lit de solidarit&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; T&#233;moin suivant...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luc Dall'Armellina&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 20 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir du retable de Niccolo di Liberatore (dit L'Alunno) 1430-1502&lt;br class='autobr' /&gt;
composition : Deux anges portant un cartouche ; Le Christ au Jardin des Oliviers et la Flagellation ; Le Portement de Croix ; La Crucifixion ; Joseph d'Arimathie et Nicod&#232;me sur le chemin du Calvaire. 1492&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Corps et mots</title>
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		<dc:date>2016-04-03T07:08:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fort</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Gangue &#224; conqu&#233;rir pour ne pas souffrir. Armure de mots (ceux de la bouche et de la langue), contre les maux (ceux du corps et de la chair). Fronti&#232;re t&#233;nue, acier qui prot&#232;ge et repousse, pousse les limites pour assurer le centre, centralit&#233;, c&#339;ur au corps. Dire le froid, la fixation, fixit&#233;, figement, enveloppe dure pour corps mou, squelette rigide pour c&#339;ur fragile. Sentir sous la peau le contour dessin&#233; et fix&#233;, ext&#233;nuer la forme pour sentir filer le fonds. Mots immat&#233;riels contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau-deuxieme-question" rel="directory"&gt;Que faire de la peau, deuxi&#232;me question&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/logo/arton161.jpg?1459667460' class='spip_logo spip_logo_right' width='73' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gangue &#224; conqu&#233;rir pour ne pas souffrir. Armure de mots (ceux de la bouche et de la langue), contre les maux (ceux du corps et de la chair). Fronti&#232;re t&#233;nue, acier qui prot&#232;ge et repousse, pousse les limites pour assurer le centre, centralit&#233;, c&#339;ur au corps. Dire le froid, la fixation, fixit&#233;, figement, enveloppe dure pour corps mou, squelette rigide pour c&#339;ur fragile. Sentir sous la peau le contour dessin&#233; et fix&#233;, ext&#233;nuer la forme pour sentir filer le fonds. Mots immat&#233;riels contre contour corporel, dessin&#233; &#224; m&#234;me le muscle et les tendons, la chair pour le Verbe, l'armure comme don. Protection et frein tout &#224; la fois, &#224; la d&#233;ambulation mais aussi, au dit et au dire, d&#233;passer &#231;a : l'&#233;tui militaire, salut esth&#233;tis&#233; de son plein et de son vide, visible et et invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi &#8211; mais bien s&#251;r : &#233;rotisme du d&#233;voilement, voile du palais, montrer le corps en le dissimulant, sachant qu'on le cache, le l&#226;che, ch&#226;le laiteux de mots qui r&#233;chauffe le froid de l'acier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forme prot&#233;geant de l'in-forme, la vie en mots, sans les maux. La vie en mots (ceux de la bouche et de la langue), la vie sans les maux (ceux du corps et de la chair). Boucle boucl&#233;e, d&#233;but &#8211; arriv&#233;e, la fin dans le commencement, fer et faire, m&#233;tal et action, int&#233;rieur contre ext&#233;rieur, corps uni, pieds fix&#233;s, bouche li&#233;e, ensemble reli&#233;s. Armure. Deux syllabes pour murer l'art, renverser le sens, inverser le cours &#8211; des choses et des causes &#8211;armure pour tout mur, &#226;me et corps, corps et mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.L.F&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 27 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir de l'Armure d'Henri II, vers 1559, France, fer repouss&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Situation : Richelieu, 1er &#233;tage, Charles Quint, Salle 24&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autour des croix</title>
		<link>http://relire.net/louvre-ouvert/Autour-des-croix</link>
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		<dc:date>2016-04-03T07:02:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Alexandre</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Andr&#233; Durand 16 f&#233;vrier 1991 8 rue Colbert &#224; Choisy le Roi &lt;br class='autobr' /&gt;
19h43, le Louvre, salle des ateliers Agent Laurent Alexndre &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Saint-Germain-en-Layre, entre 16h et 16h30, M. Durand a &#233;t&#233; t&#233;moin d'une crucifiction, celle de M. Didier Bourachon, dans le jardin, devant le b&#226;timent de Sciences- Po. M. Bourachon est professeur de math&#233;matiques, M. Durand est un de ses &#233;l&#232;ves. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le t&#233;moin atteste de la pr&#233;sence d'une cinquantaine de personnes, 1 personne &#233;tait &#224; cheval. Les personnes &#233;taient des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Comment-representer-la-souffrance" rel="directory"&gt;Comment repr&#233;senter la souffrance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_203 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/jpg/1404_p0008614.001.jpg?1459241209' width='500' height='245' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Durand&lt;br class='autobr' /&gt;
16 f&#233;vrier 1991&lt;br class='autobr' /&gt;
8 rue Colbert &#224; Choisy le Roi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19h43, le Louvre, salle des ateliers Agent Laurent Alexndre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Saint-Germain-en-Layre, entre 16h et 16h30, M. Durand a &#233;t&#233; t&#233;moin d'une crucifiction, celle de M. Didier Bourachon, dans le jardin, devant le b&#226;timent de Sciences- Po. M. Bourachon est professeur de math&#233;matiques, M. Durand est un de ses &#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le t&#233;moin atteste de la pr&#233;sence d'une cinquantaine de personnes, 1 personne &#233;tait &#224; cheval. Les personnes &#233;taient des &#233;tudiants. M. Durand dit pouvoir reconna&#238;tre les personnes pr&#233;sentes, sauf celle du cavalier qui ressemblait &#224; un indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait deux autres crucifi&#233;s en plus de M. Bourachon, personnes que M. Durand ne conna&#238;t pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but du cours a commenc&#233; &#224; 15h. Tr&#232;s vite, les &#233;tudiants ont commenc&#233; &#224; s'exciter suite aux propos tr&#232;s d&#233;plaisants, tr&#232;s d&#233;valorisants de M. Bourachon (&#171; Bande de nases &#187;, &#171; toquards &#187;). &#192; ce moment l&#224;, des &#233;tudiants se jettent sur lui. Ils ont tir&#233; M. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bourachon par la t&#234;te. La salle &#233;tait au rez de chauss&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux autres victimes sont arriv&#233;es en m&#234;me temps, entour&#233;es d'autres &#233;tudiants du site. M. Durand ne conna&#238;t pas les deux autres victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois victimes ont &#233;t&#233; d&#233;nud&#233;es, elles n'&#233;taient plus du tout conscientes, elles ne bougeaient pas. Elle &#233;taient comme des pantins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnes qui les entouraient &#233;taient tr&#232;s revendicatives. Elles manifestaient leur haine de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Durand n'a pas pu s'interposer, la foule &#233;tait trop nombreuse. Il a regard&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y avait aussi une femme que conna&#238;t M. Durand : Mme Catarina S&#233;mouria. Elle &#233;tait d&#233;sesp&#233;r&#233;e. M. Durand ne conna&#238;t pas ses liens de parent&#233; avec les victimes. Il parle d'une &#233;ventuelle liaison adult&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant le site, les trois victimes &#233;taient encore sur la croix. Pour M. Durand, elles &#233;taient encore vivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Durand a quitt&#233; le site en prenant le bus R2 Sud pour se rendre &#224; la police. Les &#233;tudiants &#233;taient encore autour des croix &#224; manifester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent Alexandre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 20 janvier 2016 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir du retable de Niccolo di Liberatore (dit L'Alunno) 1430-1502&lt;br class='autobr' /&gt;
composition : Deux anges portant un cartouche ; Le Christ au Jardin des Oliviers et la Flagellation ; Le Portement de Croix ; La Crucifixion ; Joseph d'Arimathie et Nicod&#232;me sur le chemin du Calvaire. 1492&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La peau, ce d&#233;tail</title>
		<link>http://relire.net/louvre-ouvert/La-peau-ce-detail</link>
		<guid isPermaLink="true">http://relire.net/louvre-ouvert/La-peau-ce-detail</guid>
		<dc:date>2016-03-18T14:41:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Portier</dc:creator>


		<dc:subject>Pavillon Sully</dc:subject>
		<dc:subject>Marie-Guillemine Benoit</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Didi-Huberman</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;onora Miano</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>
		<dc:subject>Franz Fanon</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur les pistes d'&#233;criture propos&#233;es &#224; partir du tableau de Marie Guillemine Benoit, Portrait d'une femme noire&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau" rel="directory"&gt;Que faire de la peau ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Pavillon-Sully" rel="tag"&gt;Pavillon Sully&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Marie-Guillemine-Benoit" rel="tag"&gt;Marie-Guillemine Benoit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Georges-Didi-Huberman" rel="tag"&gt;Georges Didi-Huberman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Leonora-Miano" rel="tag"&gt;L&#233;onora Miano&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Balzac" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Franz-Fanon" rel="tag"&gt;Franz Fanon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/logo/arton154.jpg?1458312297' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'ordre des repr&#233;sentations, la peau est toujours un probl&#232;me. Est encore un probl&#232;me. La peau, sous-entendu, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/250216/l-etat-justifie-les-controles-au-facies&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa couleur&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une chose qu'on entend, je l'ai entendu, qu'il est plus difficile d'avoir une fiabilit&#233; des photographies d'identit&#233;, pour des personnes qui ont la peau noire (et le soup&#231;on alors, de la falsification, qui en d&#233;coule, comme &lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En peinture, il y eu longtemps comme une sorte d'impens&#233;, dirait-on : on parlait des d&#233;fis que repr&#233;sentait la peau &#224; peindre, mais on parlait toujours de la peau blanche. Il suffit de lire ce passage du &lt;i&gt; Chef d'&#339;uvre inconnu &lt;/i&gt; de Balzac, sur le d&#233;fi que repr&#233;sente le rendu de la couleur de la chair :&lt;i&gt;&#034;J'ai &#233;bauch&#233; ma figure dans un ton clair avec une p&#226;te souple et nourrie, car l'ombre n'est qu'un accident, retiens cela, petit. Puis je suis revenu sur mon &#339;uvre, et au moyen de demi-teintes et de glacis dont je diminuais de plus en plus la transparence, j'ai rendu les ombres les plus vigoureuses et jusqu'aux noirs les plus fouill&#233;s ; car les ombres des peintres ordinaires sont d'une autre nature que leurs tons &#233;clair&#233;s ; c'est du bois, de l'airain, c'est tout ce que vous voudrez, except&#233; de la chair dans l'ombre. On sent que si leur figure changeait de position, les places ombr&#233;es ne se nettoieraient pas et ne deviendraient pas lumineuses. J'ai &#233;vit&#233; ce d&#233;faut o&#249; beaucoup d'entre les plus illustres sont tomb&#233;s, et chez moi la blancheur se r&#233;v&#232;le sous l'opacit&#233; de l'ombre la plus soutenue ! &#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, la repr&#233;sentation de la peau noire, en art.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eu bien ce tr&#232;s beau et triste portrait de Catherine, femme africaine (domestique) par D&#252;rer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses yeux baiss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/jpg/portrait-of-african-woman-catherine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/jpg/portrait-of-african-woman-catherine.jpg?1456479352' width='500' height='714' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les yeux de la femme noire peinte par &lt;a href=&#034;http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=759&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marie-Guillemine Benoit&lt;/a&gt; nous regardent, regardent celle qui la peint, et c'est ce qui change. C'est ce qui change &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt;, pas seulement le fait de faire poser une domestique noire comme si c'&#233;tait Madame R&#233;camier, sur un fauteuil de velours. Pas seulement le fait de doter cette femme magnifique des attributs d'une nouvelle Marianne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce regard pos&#233; nait un espoir : deux subjectivit&#233;s sont l'une en face de l'autre, elles se reconnaissent. De ce regard pos&#233; naissent des suppositions : que s'est-il pass&#233;, pendant les temps de pose, entre la peintre et son mod&#232;le ? Des paroles ont-elles &#233;t&#233; &#233;chang&#233;es ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce texte de Franz Fanon dans &lt;i&gt;Peau noire, masques blancs&lt;/i&gt; (1952) rappelle l'impossibilit&#233; de fictionnaliser un dialogue : faire passer l'&#233;change par la langue viendrait &#224; nier ce qui possiblement, dans ce regard, s'&#233;change d'humain sans consid&#233;ration de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034; Le probl&#232;me que nous envisageons dans ce chapitre est le suivant : le noir antillais sera d'autant plus blanc, c'est-&#224;-dire se rapprochera d'autant plus du v&#233;ritable homme, qu'il aura fait sienne la langue fran&#231;aise. Nous n'ignorons pas que c'est l&#224; l'une des attitudes de l'homme en face de l'Etre. Un homme qui poss&#232;de le langage poss&#232;de par contre le monde exprim&#233; et impliqu&#233; par ce langage. On voit o&#249; nous voulons en venir : il y a dans la possession du langage une extraordinaire puissance. Paul Val&#233;ry le savait qui faisait du langage &#034;le dieu dans sa chair &#233;gar&#233;&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour l'instant, nous voudrions montrer pourquoi le noir antillais quel qu'il soit, a toujours &#224; se situer en face du langage. Davantage, nous &#233;largissons le secteur de notre description, et par-del&#224; l'antillais, nous visons tout homme colonis&#233;. Tout peuple colonis&#233; -c'est-&#224;-dire tout peuple au sein duquel a pris naissance un complexe d'inf&#233;riorit&#233;, du fait de la mise au tombeau de l'originalit&#233; culturelle locale- se situe vis-&#224;-vis du langage de la nation civilisatrice, c'est-&#224;-dire de la culture m&#233;tropolitaine. Le colonis&#233; se sera d'autant plus &#233;chapp&#233; de sa brousse qu'il aura fait siennes les valeurs culturelles de la m&#233;tropole. Il sera d'autant plus blanc qu'il aura rejet&#233; sa noirceur, sa brousse.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis ces mots de L&#233;onora Miano dans &lt;i&gt;Les aubes &#233;carlates&lt;/i&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;Toi dont la conscience cherche &#224; songer l'intangible, tiens la r&#233;ponse &#224; tes questions : nous sommes l'absurde du quotidien. Nous sommes la haine du fr&#232;re, la haine de soi. Nous sommes l'impossibilit&#233;, l'entrave au jour qui vient. Nous en avons emprisonn&#233; les contours au creux de notre main immat&#233;rielle, et nous disons :&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il soit fait clair pour tous que le pass&#233; ignor&#233; confisque les lendemains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il soit fait clair pour tous qu'en l'absence du lien primordial avec nous, il n'y aura pas de passerelle vers le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il soit fait clair pour tous que la saign&#233;e ne s'est pas ass&#233;ch&#233;e en d&#233;pit des si&#232;cles et qu'elle hurle encore, de son tombeau inexistant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il soit fait clair pour tous que rien ne sera reconstruit, chez ceux qui n'assur&#232;rent pas notre tranquillit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne crains pas de comprendre, de rapporter notre propos. Nous sommes les cieux obscurcis qui s'&#233;paississent inlassablement, tant qu'on ne nous a pas fait droit.&#034; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait de revenir sur ce tableau comme sur un temps qui a du mal &#224; passer. Et se servir d'autre chose que le langage lui-m&#234;me pour nourrir la reconnaissance. Se servir du regard, par exemple, comme l'envisage, &#224; propos du silence et du t&#233;moignage, Georges Didi-Hubermann, dans &lt;i&gt;Le blanc souci de notre histoire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Regarder ne va pas de soi. D&#233;j&#224; parce que regarder va et vient. Il arrive, par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple, que cela consiste &#224; garder deux fois. Non pas garder simplement, unilat&#233;ralement, garder au sens du ge&#244;lier qui surveille, qui garde et, de temps en temps, regarde par le trou de l'&#339;illeton son prisonnier pour s'assurer de sa cl&#244;ture hors du monde, de sa servitude. Mais plut&#244;t : garder deux fois &#8212; ou plus &#8212;, garder pour aimer, pour endurer, pour rapprocher et non tenir &#224; distance surveill&#233;e. Garder pour prendre soin et maintenir en vie. Garder au sens d'une m&#232;re qui prot&#232;ge son enfant envers et contre tout, le regarde de temps en temps, le veille pour mieux s'assurer de son ouverture au monde, de sa libert&#233;. Il arrive aussi que regarder consiste &#224; ne rien garder du tout. C'est, alors, accepter de perdre &#8212; ou, tout au moins, de ne pas maintenir, de ne pas saisir jusqu'au bout, de ne pas poss&#233;der &#8212; ce que l'on regarde, quand ce que l'on regarde se meut (papillon qui bat des ailes, nous &#233;chappe vers le lointain) ou quand notre propre regard se meut &#224; son tour (j'accepte alors de renoncer au papillon et de laisser divaguer ma vision ailleurs, par exemple vers le lent mouvement des nuages derri&#232;re lui).&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, si je me r&#233;sume : une s&#233;ance de travail sur la question du regard, de la nudit&#233;, de l'opacit&#233; de celui/celle qui est regard&#233;(e) (qui est souvent f&#233;minis&#233;/colonis&#233; en tant qu'objet du regard). Et la question de l'effort du rendu, de comment cela se joue, dans l'&#233;chec n&#233;cessairement, mais dans une rencontre possible au-del&#224; de l'&#233;chec, pour celui qui, sinc&#232;rement, veut faire acte de description et de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc propos&#233; &#224; chacun d'&#233;lire un d&#233;tail du tableau. De s'y attacher comme dans le geste de peindre. De se poser des questions plastiques, techniques : le rendu de la lumi&#232;re sur le front de cette femme, le t&#233;ton dress&#233;, les petits picots autour, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte &#224; &#233;crire, donc : un monologue de celle qui peint, qui se concentre sur une partie du tableau seulement, et revient r&#233;guli&#232;rement, n&#233;cessairement, sur le regard de celle qu'elle peint. Et des blancs (sic), assum&#233;s, qui seraient les &#034;r&#233;ponses&#034; non exprim&#233;es du mod&#232;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D'o&#249; te vient cette aura&#8230;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luc Dall'Armellina</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Te voil&#224; &#224; nouveau install&#233;e ici, dans mon atelier, sur le grand fauteuil &#224; m&#233;daillon, je suis si heureuse que tu ais accept&#233;. Quand je t'ai pos&#233; la question la premi&#232;re fois chez mon beau-fr&#232;re, tu n'as rien dit. Tu m'a regard&#233;, un peu comme tu le fais maintenant, longuement, et puis tu as souri, d'une mani&#232;re si br&#232;ve et si subtile. Je ne savais quoi penser mais j'ai senti que tu avais dit oui. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai a&#233;r&#233; l'atelier avant la s&#233;ance. Je l'avais oubli&#233; la derni&#232;re fois, et j'ai vu que tu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau" rel="directory"&gt;Que faire de la peau ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/logo/arton148.png?1456478802' class='spip_logo spip_logo_right' width='126' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Te voil&#224; &#224; nouveau install&#233;e ici, dans mon atelier, sur le grand fauteuil &#224; m&#233;daillon, je suis si heureuse que tu ais accept&#233;. Quand je t'ai pos&#233; la question la premi&#232;re fois chez mon beau-fr&#232;re, tu n'as rien dit. Tu m'a regard&#233;, un peu comme tu le fais maintenant, longuement, et puis tu as souri, d'une mani&#232;re si br&#232;ve et si subtile. Je ne savais quoi penser mais j'ai senti que tu avais dit oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai a&#233;r&#233; l'atelier avant la s&#233;ance. Je l'avais oubli&#233; la derni&#232;re fois, et j'ai vu que tu n'avais pas ma tol&#233;rance aux odeurs de siccatifs, c'est bien naturel. C'est inhumain de s'habituer &#224; ces odeurs qui vous traversent tout ce que nos corps contiennent de chair et de sang.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veux-tu reprendre s'il te plait la pose, oui, comme &#231;a, avec ton bras qui pourrait accueillir l'enfant que tu allaites. Tu ne m'as pas dit son nom. Tu es si belle, si pr&#233;sente, si forte. Ton bras, penses &#224; l'enfant, bien s&#251;r il n'est pas l&#224;, mais pour toi, et pour toi seulement, il est l&#224;, il te grandit et t'affermit, il a besoin de toi et tu l'accueilles, il est l&#224;, dans le vide de ton d&#233;sir qu'il soit l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La profonde et vaste intensit&#233; de ta peau, je les voudrais l&#224; vibrantes sur la toile, plus vite que je ne peux les faire apparaitre, impatiente que je suis. Dieu que c'est long, la peinture, mais je dis &#231;a, Dieu n'en sait rien, lui qui a fait le monde en une semaine !&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu ris n'est-ce pas, oui tu le peux, tu vas &#234;tre c&#233;l&#232;bre et c&#233;l&#233;br&#233;e, je l'esp&#232;re et le veux. Tu seras la premi&#232;re femme noire affranchie, et ce ne seront pas tes mots ou tes discours, mais des forces peut-&#234;tre plus puissantes encore que les mots, qui te feront reine de la r&#233;publique &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que tes mots, peut-&#234;tre tes silences, et mieux encore, ces pauses blanches que tu habites, entre eux ? Ils me disent tant de choses que je ne peux dire &#224; mon tour avec des mots, mais auxquelles je r&#234;ve durant la nuit, qui me font parfois veiller les yeux ouverts, ces choses, je les retrouve intactes lorsque je suis devant toi, et que je te peins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre est-ce un myst&#232;re, comment l'appeler autrement, ce charme si profond qu'il d&#233;sarme la b&#234;tise. Quelle est cette force qui semble animer tout ton corps, tout ton &#234;tre, d'o&#249; te vient cette aura, que les mots n'auront pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luc Dall'Armellina&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 6 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir de : Portrait d'une n&#233;gresse (salon de 1800) H. : 0,81 m. ; L. : 0,65 m. Marie-Guillemine Benoist (1768-1826)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'anneau</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Laurent Alexandre</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Je ne sais pas quel diam&#232;tre donner &#224; l'anneau. Quel r&#244;le doit- il jouer dans la toile ? Le geste circulaire de ma main peine &#224; se positionner sur son lobe. Je la regarde. Son &#339;il me fixe, sa poitrine se soul&#232;ve. Respire-t-elle seulement ou soupire-t-elle de lassitude ? D&#233;j&#224; plusieurs heures qu'elle est assise l&#224;. Elle semble &#224; la fois r&#233;sign&#233;e et intrigu&#233;e. Mais elle ne se plaint pas. Accoutum&#233;e, peut-&#234;tre ?... &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans se poser sur la toile, mon pinceau repasse sur le contour du t&#233;ton, puis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau" rel="directory"&gt;Que faire de la peau ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/logo/arton150.jpg?1456477649' class='spip_logo spip_logo_right' width='119' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je ne sais pas quel diam&#232;tre donner &#224; l'anneau. Quel r&#244;le doit- il jouer dans la toile ? Le geste circulaire de ma main peine &#224; se positionner sur son lobe. Je la regarde. Son &#339;il me fixe, sa poitrine se soul&#232;ve. Respire-t-elle seulement ou soupire-t-elle de lassitude ? D&#233;j&#224; plusieurs heures qu'elle est assise l&#224;. Elle semble &#224; la fois r&#233;sign&#233;e et intrigu&#233;e. Mais elle ne se plaint pas. Accoutum&#233;e, peut-&#234;tre ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans se poser sur la toile, mon pinceau repasse sur le contour du t&#233;ton, puis sur celui de l'&#339;il. Pourquoi tant de difficult&#233;s &#224; peindre l'anneau qu'elle ne porte pas mais que j'ai d&#233;cid&#233; de lui attribuer pour ma peinture ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je porte ma main &#224; mon oreille droite, ce geste suffit &#224; provoquer chez elle un l&#233;ger sourire comme si elle comprenait mon d&#233;sarroi. A-t-elle senti que je cherche &#224; l'affubler d'un accessoire suppl&#233;mentaire, comme s'il n'y avait pas d&#233;j&#224; suffisamment d'artifices avec cette coiffe, cette robe, cette &#233;toffe jet&#233;e sur le si&#232;ge o&#249; je l'ai pos&#233;e. Et pourquoi son oreille ne pourrait-elle, finalement, se pr&#233;senter telle qu'elle est ? Quelle marque suis-je en train de lui porter ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon pinceau tourne et retourne sur la partie inf&#233;rieure de son oreille. C'est alors que, d'un simple mouvement, elle porte sa main droite &#224; cette oreille. La voir d&#233;placer ce bras, ce bras rest&#233; longtemps pos&#233; sur sa cuisse, et probablement ankylos&#233;, pour venir caresser le lobe, ce mouvement assur&#233; ne permet plus la moindre h&#233;sitation quant &#224; la forme &#224; donner &#224; l'anneau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assur&#233;ment &#224; mon tour, je plonge le pinceau dans la mati&#232;re &#233;tal&#233;e sur la palette et je le charge de la couleur qui viendra mettre la touche ultime &#224; ce travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laurent ALEXANDRE&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/jpg/portrait_d_une_femme_noire-4.jpg?1456315769' width='500' height='592' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 6 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir de : Portrait d'une n&#233;gresse (salon de 1800) H. : 0,81 m. ; L. : 0,65 m. Marie-Guillemine Benoist (1768-1826)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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