Bribes
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Bribes 13.3
j’exige qu’un enfant
meure en moi chaque nuit
et que sa voix renaisse
à l’aube de mes lèvres mutiléeset ma main d’homme
ma mémoire nue13 avril 2015 aube , enfant , homme , lèvres , main , mémoire , nuit , voix
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Bribes 13.4
il y avait une petite fille dans le jardin
cou offert au soleil
penchée courbée
belle comme une herbe
avant la fauxa-t-elle pleuré au printemps mort
à la nuit de cailloux
au creux de son âge
fleur
aux galaxiesseul un regard du ciel aurait pu la sauver
14 avril 2015 âge , ciel , faux , fille , herbe , jardin , nuit , printemps , regard , soleil
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Bribes 13.5
touche le lit
comme une algue la mer
danser sa nuit
pour faire naître un hasard -
Bribes 13.6
le vent d’ouest est noctambule
tout s’accorde à l’oubli
nos désirs nos sueurs et les vergers qui flambent
ma parole elle aussi son ombre indéchiffrable -
Bribes 13.7
l’encre le démon
le sexe des chemins bleus
et pour quelque temps les pas
qu’on pose
pour ouvrir les rochers
tisser leurs eaux -
Bribes 13.8
de quelle lumière étions-nous sacrés
de quelles mains de quelle peau
de quels ventres aux lèvres d’eaux mêlées
du sein du parc
naissions-nous oiseaux
pour rendre aux draps du ciel immense
saison rare
le feu muetla parole envolée
9 mai 2015 ciel , eaux , feu , lèvres , lumière , mains , oiseaux , parole , peau , saison , ventre
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Bribes 13.9
accorde-moi d’être seul
sous mon soleil
dans mes ronces magnifiques
mon sang libre de donsourire debout
comme un arbre
lacéré de larmes et de bonheuraccorde-moi d’écouter
le vent sonore de sa voix
avant la mort affamée des aubes en partageje ne crains pas le ciel qui me regarde
13 mai 2015 arbre , aubes , bonheur , ciel , don , larmes , mort , sang , soleil , sourire , vent , voix
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Bribes 14.1
secrète
une larme à l’octroi
nue d’aimer
son frôlement d’algue près des roches
lente se tait à peineécrite
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Bribes 14.2
à tout cet air qui manque à l’aube
nourri de tous les poumons du monde
sang debout
j’écris un ciel qui te ressemble -
Bribes 14.3
tombée du nid dans la main d’une étoile
beauté d’oiseau inépuisable
dans un été de longue patience
sans réveiller la mer
elle dort