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	<title>Olo&#233;s du monde entier</title>
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		<title>Ecrire parfaitement l'imperfectibilit&#233;</title>
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		<dc:creator>Maylis URI</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Flotter semble id&#233;al.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/oloe/Zone-internationale" rel="directory"&gt;Zone internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Flotter semble id&#233;al. Flotter, allong&#233; au creux de la toile presque en coh&#233;sion avec l'eau. En transparence totale avec l'immensit&#233;, totalement r&#233;duit &#224; sa propre pens&#233;e. Il faut &#234;tre au milieu de rien, de tout, au creux de l'eau, ne plus avoir la terre protectrice et se r&#233;duire. Il faut &#234;tre perdu au milieu du monde pour pouvoir se retrouver. Alors, flotter. Flotter, se trouver entre illusion et r&#233;alit&#233;, ne pas &#234;tre ancr&#233;, prisonnier. Il me semble qu'&#233;crire exige cela, cette absence d'importance. Comme s'il &#233;tait n&#233;cessaire de se retrouver l&#224; face au vide de l'infini, ne pas pouvoir se situer, seulement se laisser border. Ne pas savoir, s'extraire de cette superficialit&#233; ; alors l&#226;cher les voiles, lever le gouvernail, laisser les vagues chanter. Il y a ce lieu de puret&#233; o&#249; rien n'est visible sauf soi et le bleu de l'&#234;tre. Du bleu immense, infini. Le blanc des coques dansantes, voiles vacillantes. Ce petit livret, soi. Plus de monde, plus de rapidit&#233;, finie cette contradiction entre d&#233;sir et vice. Alors, &#224; cet instant de silence int&#233;rieur, il faut &#233;crire, chercher. Chercher une forme id&#233;ale, chercher &#224; se situer, finalement se situer ; peut &#234;tre trouver sa place, son lieu de cr&#233;ativit&#233;. Peut &#234;tre est ce l&#224;, cet entre deux id&#233;al, cette ins&#233;curit&#233;, car quelque part je sais que je ne peux pas avoir de certitude, je sais qu'il n'y a que moi, en moi pouvant me transcender. Sinon, qu'est ce qui pourrait &#234;tre plus &#224; soi que soi m&#234;me ? Existe-t-il un lieu de complaisance, de s&#233;r&#233;nit&#233;, de passion ; existe t &#8211;il un lieu plus apte &#224; l'&#233;criture que celui de sa propre pens&#233;e ? Existe-t-il au monde un lieu plus ancr&#233;, plus destin&#233;, plus en phase avec l'&#233;criture que le lieu m&#234;me de la cr&#233;ation ? Car je ne pense pas que le lieu de l'&#233;criture, de la cr&#233;ation soit physique. Je crois au contraire que ce lieu est plus qu'en nous m&#234;me, le reflet, l'objet, le sujet, le confectionneur et m&#234;me cet autre soi qui pense, revient, &#233;crit, modifie et finalement laisse une trace dans ce que l'on montre et ce que l'on est au plus profond de soi. L'instant m&#234;me de la cr&#233;ation se trouve en le fait que je suis en train de penser, consciemment ou pas ; se trouve dans la formulation que je fais en moi m&#234;me. Il me suffit alors seulement d'&#233;couter cette petite voix suave et &#233;vidente qui se projette en moi et laisse entrevoir une infinit&#233; d'am&#233;nagement possible. Un jour, il sera une salle d'audience o&#249; le &#171; je &#187; s'exprimera de fa&#231;on construite et majestueuse ; un jour, un appareil photo ou bien une cam&#233;ra post&#233;e au dessus du monde, flottant dans les nuages ; et m&#234;me parfois pourra-t-il n'&#234;tre que l'int&#233;riorit&#233; profonde de son propre iris&#8230; Le probl&#232;me du lieu physique est, je crois, qu'il nous sort de nous m&#234;me, ab&#238;me et appauvrie la lettre. Force &#224; la stabilit&#233;. La lettre elle m&#234;me, &#224; l'instant o&#249; elle se pose sur le papier devient une opposante &#224; la cr&#233;ation. La lettre alt&#232;re comme le lieu physique. L'esprit, comme la basket laissant la trace de ses pas, cr&#233;e sa propre histoire, parfaite, de lui m&#234;me, sans alt&#233;ration. Le lieu parfait, voil&#224; ce qu'il permet : l'&#233;tat brut de la pens&#233;e. L'eau est en mouvement, en mouvement constant et se rapproche alors de l'&#234;tre, plus que n'importe quel &#233;l&#233;ment. L'eau berce, laisse &#233;couter, elle ne parle pas, elle chante et danse, chuchote, raisonne. L'eau emporte le trop d'information. L'eau d&#233;laisse, elle n'est pas domptable, elle vit d'elle m&#234;me sans prise possible. Je la vois vaciller, je l'entends respirer, je la laisse m'envelopper, sa brulure sal&#233;e m'&#233;veille. Alors, peut &#234;tre ma pens&#233;e sera t-elle toujours alt&#233;r&#233;e en s'inscrivant sur le papier mais l'oc&#233;an me laisse cette possibilit&#233;, l'illusion de ne pas m'enfermer. Une sorte d'accord tacite, d'osmose, l'acceptation de l'imperfectibilit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors elle cherche, elle scrute, tente de s'immiscer dans de nouveau lieu o&#249; la pens&#233;e pourrait prendre forme r&#233;elle. Finalement, elle entre et trouve une forme de s&#233;r&#233;nit&#233; dans cette espace clos et humide, perceptible. Les membres d&#233;couverts, elle peut sentir chaque instinct de sensualit&#233; bref que l'iris de sa peau semble traduire. Des frissons se dessinent, l'atmosph&#232;re est lourde et protectrice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle observe l'espace, il y a trois murs blancs et cette autre illusoire. Je pousse sur mes jambes, j'y plonge. Mes doigts effleurent et suivent instinctivement le fond granuleux. Mes yeux se ferment, j'expulse l'air de mes poumons. Me voil&#224; plong&#233;e dans le rectangle bleu. Il n'est pas sal&#233;, mais le calme int&#233;rieur s'y fait. Me voil&#224; observatrice de son immensit&#233; r&#233;duite, je vois les autres s'agiter, plonger, combattre la r&#233;sistance du bleu, buller. Je ne vois pas leur visage, ils deviennent ombres, je sais seulement que je ne suis plus eux. Ils m'apparaissent au ralenti, comme des visions alt&#233;r&#233;es d'un monde ext&#233;rieur presque accessible. Je m'extrais de cette pens&#233;e, remonte &#224; la surface, silencieuse, hors du temps. Le bord carrel&#233; se rapproche, je m'y hisse indolente, absente. Un enfant me fr&#244;le de sa bou&#233;e. Je ne le sens pas, j'&#233;cris cela. Assise, prot&#233;g&#233;e par le film de gouttes ruisselant sur ma peau, je demeure dans cette calme clart&#233;. Une diff&#233;rence se fait, il y a le monde mouvant qui para&#238;t vivre sans se regarder, rapide, trop fluide le monde s'agite, chacun assure sa mission consciencieusement ; il y a mon immobilit&#233;. Je ne veux pas bouger, seulement respirer lentement, inspire, expire et remuer la mine observatrice. Ne pas lire ce qui s'&#233;crit, demeurer dans l'instant. Il y a trois murs et cet autre illusoire. La piscine ferm&#233;e vit d'elle m&#234;me, elle est un microcosme des joies enfantines, la passion de l'&#234;tre passionn&#233;, parfois tortur&#233;. L'eau a la chance d'&#234;tre fluide et solide, elle rencontre chacune des particules qu'il faut &#233;crire dans la complaisance du calme et de l'apaisement qu'elle nous offre si on les prend. Ce qui importe n'est pas la r&#233;flexion de l'intrigue mais bien l'importance de se sentir ancr&#233;e et suffisamment apais&#233;e pour prendre la distance. Ici, l'&#233;criture se fait comme un acte de v&#233;rit&#233; comme s'il s'agissait d'observer ce que passion et tranquillit&#233; font na&#238;tre. Je ne t'&#233;cris pas &#224; toi, ni m&#234;me &#224; moi, seulement de ce quelque part n&#233;cessaire, ce banc entre trois murs et cet autre illusoire qui laisse l'&#339;il se refl&#233;ter sur le papier en justesse sans n&#233;cessit&#233; d'atteindre la perfection fantasm&#233;e lorsque le mot se pose en pens&#233;e. D'ici, je peux peindre la liaison de ce profond et de la main traductrice initiant &#224; son tour cet autre univers majestueusement d&#233;nou&#233; d'artifice ou tout simplement reflet de la subjectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, le miroir appara&#238;t clinique objet de l'apposition de l'&#233;criture. Pauvre &#226;me souill&#233;e tente de se recr&#233;er, de s'initier &#224; ce qui para&#238;t valoir davantage. Ce qui na&#238;t est le lieu, lieu d&#233;pouill&#233;, parfois trop aliment&#233;. Nous pourrions simplement nous tenir debout, passer des heures, peut &#234;tre m&#234;me la vie &#224; exp&#233;rimenter, tenter de savoir si l'&#233;criture s'arr&#234;tera si le corps subsiste en un lieu unique. Rester simplement immobile, ou peut &#234;tre simplement relever un sourcil, fermer un &#339;il, entrouvrir l'iris, d&#233;couvrir le filet &#233;cume au coin des l&#232;vres, ignorer le sens, simplement entreprendre de lister chaque particularit&#233;. Se distinguer ou confondre le soi du moi, de l'autre qui para&#238;t au creux de toi. Le processus de dissociation se fait automatiquement, la main bouge, elle tape ou rappe la main ensanglant&#233;e l'auriculaire s'effrite &#224; trop appuyer. Remarquer la mauvaise tension du doigt, remarquer que l'autre en pens&#233;e porte sa bosse &#224; l'annulaire. Peut &#234;tre comparer, s'interroger sur la normalit&#233;. Toujours devant le miroir, ne pas bouger, cette fois sentir l'eau glac&#233;e se glisser entre les phalanges d&#233;couvertes. Ne pas agir sur l'&#233;l&#233;ment, se laisser atteindre, enfreindre la pudeur autrefois prot&#233;g&#233;e par les artifices circulaires. Les bagues s'enfoncent au fond de l'&#233;vier, plus de vue, le miroir est limit&#233;, alors imagin&#233; la noirceur du fond, peut &#234;tre le verd&#226;tre puanteur de l'humidit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un dernier regard</title>
		<link>http://relire.net/oloe/Un-dernier-regard</link>
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		<dc:date>2014-03-11T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise Durif</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;tout au long des 11 heures de vol, de ce temps unique, de retour &#224; soi&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/oloe/Zone-internationale" rel="directory"&gt;Zone internationale&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton70.jpg?1394300921' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un dernier regard embrasse, une derni&#232;re fois, la formidable machine, &#224; la fois puissante et &#233;l&#233;gante, la porte de nez baillant. La majest&#233; b&#233;quill&#233;e des deux passerelles d'acc&#232;s et des loaders, avec les tracmas roulant les containers au sol, et le crabe accroch&#233; au train avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la passerelle, la porte d'acc&#232;s enjamb&#233;e, c'est le vide, le ventre vide et aveugle du 747-400 Cargo se remplissant peu &#224; peu de la charge &#224; emporter et mes pieds se tordent sur le sol in&#233;gal o&#249; courent les rails et roulettes m&#233;talliques servant &#224; la mise en place du fret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e &#224; la cabine par l'&#233;chelle rudimentaire o&#249; l'on se hisse un par un. Une porte en haut de l'&#233;chelle : &#224; gauche, le poste de pilotage, &#224; droite, deux rang&#233;es de trois si&#232;ges chacune, de part et d'autre de la petite all&#233;e menant aux couchettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je choisis toujours le premier si&#232;ge c&#244;t&#233; droit et m'installe en d&#233;ployant la tablette sur le c&#244;t&#233; : j'&#233;parpille d&#233;j&#224; mon appareil photo, les livres que je lirai en croisi&#232;re, le carnet sur lequel je noterai tout au long des onze heures de vol, les voix, les modifications de la lumi&#232;re, l'&#233;tat du ciel &#8211; &#171; ce faste sans prix ne signifiant rien &#187; de Philippe Forest &#8211; de ce temps unique de retour &#224; soi, de calme berceuse glissant vers l'apesanteur du corps, vers cet &#233;tat de veille bienheureuse, de somnolence r&#234;veuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'&#233;tire, &#233;tale mes jambes. Les secousses des palettes charg&#233;es dans le corps du cargo trouvant leur but&#233;e, chavirent doucement toute la structure de l'avion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore quelques all&#233;es et venues du personnel du sol, et c'est le dernier &#171; Au-revoir, bon vol ! &#187; La porte de communication se ferme, on entend une derni&#232;re fois l'&#233;chelle vibrer, la porte d'embarquement se referme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes de conditionnement d'air sont coup&#233;s, puis les essais, la voix masculine enregistr&#233;e, les check-lists &#233;nonc&#233;es par les pilotes, et la mise en route des moteurs, le quatre et le trois puis le deux et le un. Les messages &#233;chang&#233;s avec le sol, la tour de contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois atteinte la puissance d&#233;collage, les fans se mettent &#224; couiner. L'avion est l&#226;ch&#233;. In&#233;galit&#233;s du sol, parfois, sur la ligne centrale de la piste. Et c'est le d&#233;collage, l'envol apr&#232;s la formidable ru&#233;e. Tr&#232;s vite, machinerie, trappes s'ouvrant et se refermant sur le train dans son logement, les volets rentrent. L'appareil enfin lisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soubresauts, bourrades, turbulences plus ou moins sauvages de la machine tirant &#224; la mont&#233;e la route d&#233;fonc&#233;e des masses d'air bouscul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute enti&#232;re dans le bruit des moteurs. &#192; ma gauche, &#224; ma droite, d&#233;filent le ciel, les nuages. L'ombre passe en caressant la couverture beige pos&#233;e sur mes jambes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ext&#233;rieur, l'ample d&#233;sordre de la g&#233;ographie appr&#233;hend&#233;e d'un coup, jet&#233;e &#224; plat comme une nappe et, tout de suite confisqu&#233;e sous l'aile &#233;norme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lacs, cours d'eau au profil d'animaux, long cou des estuaires h&#233;riss&#233;s de piquants liquides mordent la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizon blanc de nuages rectilignes se d&#233;place tout en haut du hublot, au ras du bleu profond qui n'en finit plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La neige, en &#233;toile au sommet des d&#244;mes, le sel au fond des d&#233;serts et des routes comme des cicatrices claires affleurant le cahot des dorsales. Des fleuves se tordent en dessous. Le calme des plaines sans ombre se perd &#224; l'horizon qui n'en finit pas de se poursuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des lits secs o&#249; dorment d'invisibles eaux re&#231;oivent la caresse de nuages &#224; dentelure de feuilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, de plus en plus denses, ils montent, jusqu'&#224; former un tapis ouat&#233; qui couvre tout, jusque sous la carlingue. &#201;tendue pleine de raccords, de d&#233;fauts, comme l'envers d'un ouvrage ne laissant &#224; d&#233;couvert que le bleu au-dessus, infini, &#224; peine frang&#233; de rose ou de gris &#224; la jonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, d'un coup, tout c&#232;de, pour rien, juste une vall&#233;e mise &#224; d&#233;couvert o&#249; les ombres s'allongent et c'est, de nouveau, la couverture qui se reforme, se referme, jusqu'au prochain trou, o&#249; l'hiver est nich&#233;, comme oubli&#233; l&#224;, le sol gel&#233; et bleu nuit, les lacs et les cours d'eau de fourrure blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soudain, le soir, les t&#234;tes roses des cumulus qui montent encore, et la g&#233;ographie se fond, tout en bas, dans l'uniforme. Quelques soubresauts, coups d'&#233;paule de pr&#233;sences invisibles bousculent encore l'avion qui rejoint tout un monde de guirlandes jet&#233;es hors du bruit des hommes suintant &#224; travers les hublots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit, minuscules &#233;clats de lumi&#232;re au-dessus et au-dessous. L'avion se coule au milieu de la f&#233;erie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon r&#233;veil, trois heures plus tard, c'est un autre jour d&#233;j&#224; commenc&#233; qu'on a rejoint. Par-dessus les nuages des plateaux entiers se sont affaiss&#233;s sur un autre bleu : pr&#233;sence de la mer d&#233;tect&#233;e en &#8211;dessous, d'une nuance diff&#233;rente comme si la lumi&#232;re, d'avance, se d&#233;courageait d'embrasser cette &#233;tendue trop vaste pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant l'&#339;uvre recommence sans cesse. Des tourbillons blancs, boutons fi&#233;vreux, se boursouflent d&#233;j&#224;, des ponts, des arches pr&#233;parent les orages &#224; venir et se nourrissent patiemment de la mer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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