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	<title>Olo&#233;s du monde entier</title>
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		<title>C'est exquis &#169;</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Abergel</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ecrire dans Paris, d'abord, c'est marcher.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/oloe/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ecrire dans Paris, d'abord, c'est marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcher, et chercher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arpenter le bitume en gardant un oeil sur les terrasses, les int&#233;rieurs, les chaises et tables des &#233;tablissements qui s'offrent &#224; notre passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chercher jusqu'&#224; le trouver un point de chute convenable. Anim&#233; mais pas trop. Ventil&#233; mais pas glacial. Fr&#233;quent&#233; mais pas bond&#233;. Un lieu dans lequel les prises &#233;lectriques offrent un courant convenablement survolt&#233;, digne d'un ordinateur portable, et non la vile et basse tension USBienne r&#233;serv&#233;e aux &lt;i&gt;smartphones&lt;/i&gt; et autres appareils &#233;lectroniques sans valeur cr&#233;ative ajout&#233;e (sauf exception toujours possible).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que la cave soit bien approvisionn&#233;e, mais pas trop, qu'on puisse y boire un peu sans perdre la t&#234;te. Manger, surtout. Peu, souvent, et bien. Une nourriture saine et vari&#233;e indispensable &#224; l'ad&#233;quation du corps, de l'esprit et de la prestidigitation dactylographique. Acc&#232;s internet, &#233;videmment, favorisant la concentration pour ne pas rater la derni&#232;re nouvelle qu'on vient d'envoyer au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tradition impose le caf&#233; comme lieu public fondamental, l'olo&#233; par excellence. Mais au caf&#233;, les tables sont souvent trop proches les unes des autres, l'activit&#233; devient &#233;vidente, un peu ostentatoire, et la conversation qui pourrait s'engager ne m&#232;nera pas plus loin que le bout d'une ligne. Elle portera sur une lecture commune, un texte en cours, faisant vite oublier l'objet de son installation pour le remplacer par celui d'une rencontre, d'une d&#233;couverte, d'une aventure. Plus vraisemblablement, d'une d&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis au caf&#233;, il y a le comptoir, rang&#233;e bruyante et mouvante d'avis sur le monde, la politique et le cheval qui fait tendre l'oreille &#224; la recherche de la perle du jour, et d&#233;concentre. D'autant plus qu'on se laissera tenter par un petit calva, un autre demi, une larme de pastis. Encore un croissant. Qu'on se laissera emmener dans le monde th&#233;orique des parleurs oisifs, les refondations interminables de l'humanit&#233; qui tourbillonnent sans laisser le temps de fixer ses propres fulgurances &#8211; aussi frivoles et inint&#233;ressantes soient-elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, donc, au caf&#233;. Trop convivial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espace de &lt;i&gt;coworking&lt;/i&gt; (dit avec l'accent anglo-saxon que l'on peut) se veut LE lieu des &#233;crivants en recherche de reconnaissance. Lorsqu'on s'y installe, ordinateur pos&#233;, &lt;i&gt;mug&lt;/i&gt; de caf&#233; rempli jusqu'au bord, air d&#233;termin&#233; et qu'apr&#232;s un court &#233;chauffement des doigts, on se lance dans la premi&#232;re phrase du premier roman de la journ&#233;e, on se sent, enfin, admis dans la grande confr&#233;rie des auteurs. Le signe de reconnaissance &#171; ne pas d&#233;ranger &#187; (ou alors, pour une aventure extraordinaire) en hologramme au-dessus de sa table tel une aur&#233;ole de saintet&#233; litt&#233;raire, on peut enfin jouir de la tranquillit&#233; qui sied &#224; la puissance cr&#233;atrice des acteurs majeurs de la litt&#233;rature mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tant pis si l'on s'y ennuie tellement que les mots s&#232;chent sur pied, les phrases rendent l'&#226;me avant d'&#234;tre n&#233;es, le souffle se coupe avant m&#234;me d'expirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, donc, &#224; l'espace de &lt;i&gt;coworking&lt;/i&gt;. Trop s&#233;rieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu id&#233;al doit nous offrir le paradoxe d'&#234;tre &#224; la fois seul au monde assis &#224; son petit bureau, et en plein champ entour&#233; de mangeurs buveurs parleurs passeurs. Savourant la vision d'un homme qui lit un journal, d'une femme qui boit un caf&#233;, d'&#233;tudiants qui r&#233;visent bruyamment, de profs qui corrigent en soufflant. Go&#251;tant les regards h&#233;sitants inquiets r&#234;veurs ou actifs. Les t&#233;l&#233;phones des autres, rectangles coll&#233;s &#224; l'oreille ou &lt;i&gt;plugs&lt;/i&gt; auriculaires &#224; l'intimit&#233; d&#233;rangeante. L'excitation triste et fr&#233;n&#233;tique des pouces, prolongements agiles d'&#233;paules baiss&#233;es, de t&#234;tes rentr&#233;es d'yeux hagardement fixes. Les rencontres impr&#233;vues, regards &#233;chang&#233;s, sourires h&#233;sitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout cela bien s&#251;r, sans que jamais on n'oublie d'y &#233;crire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref. La recherche du lieu public parfait pour &#233;crire est un v&#233;ritable d&#233;fi du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, il existe &#224; Paris une cha&#238;ne de restaurants self-service bio, belges et bons qui offrent tout le confort moderne &#224; l'&#233;crivant d&#233;localis&#233;. Une nourriture saine et plut&#244;t originale. Des jus et smoothies excellents, des cocktails sans alcool qui vous font revivre les couchers de soleil aux &#238;les les plus lointaines en pleine apr&#232;s-midi parisienne et gris&#226;tre, des petits-d&#233;jeuners robustes aux &lt;i&gt;scones&lt;/i&gt; remarquables et petits pains &#224; la cr&#232;me p&#226;tissi&#232;re qualifi&#233;s de &#171; tuerie &#187; par plus d'un sp&#233;cialiste du genre, quelques plats du soir pour les fins d'apr&#232;s-midi st&#233;riles et le r&#233;confort. Un personnel gentil d&#233;contract&#233;, jeune, souriant et tr&#232;s, tr&#232;s compatissant, qui vous laisse une grande libert&#233; d'inaction et de r&#234;verie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lieu id&#233;al. Ou, comme il le dit si bien lui-m&#234;me, le lieu exquis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; &#224; l'origine par &lt;a href=&#034;https://gasteropode.org/2017/11/04/cest-exquis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Gast&#233;ropode, sur son site&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La pita politique</title>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Abergel</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'insouciance, qui sied si peu &#224; Isra&#235;l, gagne du terrain. Tel Aviv permet tellement &#231;a, que J&#233;rusalem ne permet tellement pas.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/oloe/Israel" rel="directory"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton146.jpg?1488988651' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marcher jusqu'&#224; Jaffa est une partie de plaisir citadine et maritime &#224; la fois. Longer la mer sur six kilom&#232;tres, du port de Tel Aviv jusqu'&#224; celui de Jaffa. &#202;tre tout au bord, tout au bout de la terre, &#224; la toute fin du Moyen Orient, l&#224; o&#249; les conflits se d&#233;litent dans la joie de vivre, pas feinte, facile. Communicative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descendre vers le Sud, en fl&#226;nant. Aviser les baigneurs, les raquetteurs, les surfeurs ; les promeneurs de chien, les cyclistes &#233;lectriques aux rythmes inqui&#233;tants. Se laisser embarquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inspirer, expirer. Marcher dans la fin d'apr&#232;s-midi chaude. Suer, un peu. Enfin du soleil, enfin de l'air, de la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'insouciance, qui sied si peu &#224; Isra&#235;l, gagne du terrain. Tel Aviv permet tellement &#231;a, que J&#233;rusalem ne permet tellement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pas gaillard, la faim s'invite, lentement, puis se fait insistante. Les kilom&#232;tres aval&#233;s se feraient bien remplacer par une ingestion plus concr&#232;te. Alors, s'asseoir ? S'arr&#234;ter ? S'installer&#8230; ? La plage, la ville, Tel Aviv, Jaffa ne manquent pas d'endroits faits pour la ripaille, la convivialit&#233;, les salades, les grillades. Mais, tout seul, un petit quelque chose de plus simple serait le bienvenu. Plus discret. Un petit falafel, ou un petit chawarma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, encore mieux : un peu de pain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;, telle une r&#233;v&#233;lation, l'&#233;vidence absolue surgit, extraite sans pr&#233;venir de la m&#233;moire du ventre, zone fertile du cerveau toujours pr&#234;te &#224; &#234;tre stimul&#233;e : l'imp&#233;ratif, l'absolument unique, l'indispensable. Abou El Afia !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE boulanger de Jaffa. Roi du pain chaud, aux herbes, fourr&#233;, farci, pizza&#239;ol&#233;, l'as de la pita. On y trouve aussi des g&#226;teaux, et des salades et des grillades dans son restaurant, de l'autre c&#244;t&#233; de la rue. Mais on y retourne pour la boulangerie, on p&#233;lerine chez le seul, le vrai, l'unique Abou El Afia, but id&#233;al de balade quand une petite faim vous intime la pause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confiant, je quitte la plage, me perds un peu, retrouve l'&#233;choppe. Et m'appr&#234;te &#224; manger un morceau, sans penser &#224; mal, ni &#224; bien d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste &#224; moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous sommes en Isra&#235;l &#8211; pays o&#249; tout est politique. Et voici ce que porte le boulanger qui me r&#233;chauffe la pita :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://relire.net/oloe/local/cache-vignettes/L375xH500/gasteropode-jaffa-img_0441-petit-71d40.jpg?1488988884' width='375' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je le regarde, surpris. V&#233;rifie ses coll&#232;gues. Impressionn&#233;. Ils portent tous le m&#234;me T-shirt, avec la m&#234;me inscription. La m&#234;me inscription magnifiquement na&#239;ve et gaie. Leurs visages sont tendus, ind&#233;ridables, peu am&#232;nes &#224; vrai dire &#8211; Ramadan, ou saturation des touristes ? &#8211; mais ils arborent tous un slogan qui rappelle, &#224; bon escient, qu'ici tout est toujours politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il faut faire des choix difficiles, qui engagent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la question de savoir qui fait le meilleur houmous ou le chawarma le plus authentique d&#233;passe largement la seule gastronomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les familles arabes qui viennent pique-niquer sur les pelouses du parc &#224; l'or&#233;e de Jaffa sont, bien s&#251;r, chez elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les juifs en noir qui arpentent les rues de la ville moderne ne sont pas, ici, une oppression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les jeunes et moins jeunes qui cultivent le corps, le c&#339;ur, la sympathie et la d&#233;contraction sont l'&#226;me de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire un pas vers l'autre, s'afficher avec un slogan qui clame la force de l'humanit&#233;, c'est le signe d'une vie qui est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est bon pour les affaires &#8211; et c'est tant mieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma pita dans la main, les images dans les yeux, l'espoir dans la t&#234;te, je reprends la marche le long de la M&#233;diterran&#233;e, mer partag&#233;e, terre partageable, ventre et c&#339;ur de la civilisation. D&#233;gustant une savoureuse tranche de vie pacifiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allez, &#231;a suffit ! Ce pays, il me rend emphatique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; sur &lt;a href=&#034;http://gasteropode.blog.lemonde.fr/2016/06/19/la-pita-politique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le site du Gast&#233;ropode le 19/6/16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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