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	<title>Olo&#233;s du monde entier</title>
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		<title>L'Olo&#233; aux cerises</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Bourdon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#201;crire sous l'arbre.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/oloe/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton74.jpg?1395229178' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La maison en passant devant avec Google Earth.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derni&#232;re le mur, l'emplacement probable de mon olo&#233;. Abattu ? Remplac&#233; par un trampoline ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon olo&#233; perdu, c'est un arbre. Un arbre o&#249; j'ai lu des heures, pendant deux ann&#233;es. O&#249; j'ai commenc&#233; &#224; &#233;crire, les deux derniers mois, avant qu'on ne d&#233;couvre que je m'y cachais. Personne ne m'a interdit de continuer. Mais ils savaient, les autres, l'arbre avait perdu son enchantement, l'esprit de l'olo&#233; s'en &#233;tait enfui. Et puis je l'ai d&#233;couvert, r&#233;fugi&#233; ailleurs, sur un gros pouf r&#233;cup&#233;r&#233; dans la rue, dans un bateau oubli&#233; sous un hangar, plein de gilets oranges qui ne sauveraient plus que ma solitude. L'olo&#233; du cerisier, il m'a suivi dans tous mes d&#233;m&#233;nagements, &#224; moins que ce ne soit moi qui l'ai suivi sans le savoir, moi dont la vie aurait &#233;t&#233; men&#233;e par l'esprit de l'olo&#233;, rencontr&#233; pour la premi&#232;re fois en 1965-67 &#224; cette adresse : branches de ce vieux cerisier, parc de la Maison Forte du Chaffart, Challes-les-Eaux, Savoie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but &#231;a n'avait &#233;t&#233; qu'un arbre &#224; fruits o&#249; l'on grimpait en saison, moins pour r&#233;colter que pour se gaver, se rendre malade, se faire piquer par d'autres gourmands, dont une fois un frelon qui m'emmena aux urgences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reste de l'ann&#233;e, un peu &#224; l'&#233;cart des chemins du petit parc o&#249; l'on gambadait, il &#233;tait ignor&#233;. C'est comme &#231;a qu'il est devenu mon olo&#233;, on pouvait y grimper, y demeurer, sans &#234;tre vu. Avoir la paix, &#234;tre seul au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On payait la paix de l'inconfort. Lire dans mon premier olo&#233;, c'&#233;tait douloureux. J'avais trouv&#233; une branche un peu plus &#233;paisse, mais pas tr&#232;s large m&#234;me pour mes maigres fesses de gamin mal grandi, de la main gauche je pouvais tenir une branche haute pour &#234;tre s&#251;r de conserver l'&#233;quilibre, mais il fallait, &#224; chaque tour de page, se mettre en p&#233;ril pour tourner le plus rapidement possible et savoir si Monte-Cristo se vengeait enfin, si Anna Kar&#233;nine se suicidait, sentir avec Aliocha Karamazov la terrible odeur d&#233;l&#233;t&#232;re de celui qu'on adorait. Pour &#233;crire, j'avais d&#251; piquer une petite planche que je posais en &#233;quilibre sur deux branches. Je pouvais lib&#233;rer mes deux mains, l'une pour le carnet, l'autre pour le crayon. J'ai commenc&#233; &#224; &#233;crire avec la peur de la chute, qui ne m'a quitt&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais cr&#233;&#233; dans ma chambre une place &#224; part pour les livres lus l&#224;-bas, et ma m&#232;re, qui fut, jusqu'&#224; sa mort, indiscr&#232;te, m'a dit un soir : &#171; J'ai un peu rang&#233; vos chambres &#187; &#8211; elle la rangerait jusqu'&#224; ce que je quitte la maison, &#224; dix-neuf ans &#8211; &#171; Quel dr&#244;le de m&#233;lange sur cette planche, ce sont tes favoris ? &#187;. J'ai menti, remerci&#233; le diable qu'elle n'ait pas remarqu&#233; le petit carnet entre les gros livres, o&#249; j'avais commenc&#233; de noter des id&#233;es d'histoires que me soufflait l'arbre, sans oser croire qu'un jour j'&#233;crirais. J'&#233;crirais bien d'autres histoires, avec ce petit carnet sur ma table, qui sentait la cerise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'olo&#233;, des auteurs tr&#232;s diff&#233;rents, tous un peu arboricoles, me font signe : Calvino et son Baron, Duras et ses journ&#233;es enti&#232;res dans les arbres, tous les personnages. Dans la litt&#233;rature on est trop souvent sous les arbres, on ne sait pas y grimper, &#224; part dans les livres d'enfants que j'aime relire, &#224; cause des arbres et de la capacit&#233; d'&#233;tonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nostalgique ? J'ai pris le risque, une seule fois, je suis pass&#233; en voiture &#224; cette adresse o&#249; j'avais v&#233;cu il y a quarante ans, j'ai imagin&#233; sonner &#224; la porte, demander &#224; grimper, en costume trois pi&#232;ces. Avant de sonner j'ai fait le tour de la propri&#233;t&#233;. Au point du mur d'o&#249; devaient d&#233;passer les branches dont je connaissais le dessin, la tr&#232;s &#233;paisse en pi&#232;ce, la fl&#232;che qui domine, la belle torsade o&#249; je posais mon pied pour grimper &#8211; il n'y avait qu'un toit de hangar. J'ai entendu un bruit de machines qu'on y d&#233;pla&#231;ait. On avait donc d&#251; abattre mon olo&#233;. Je suis parti tr&#232;s vite. Sur GoogleEarth j'ai trouv&#233; un trampoline au lieu probable de mon arbre. Ce n'est pas si mal, y voir des enfants rebondir. Cet olo&#233;-l&#224; se ne remplace pas. Tant mieux. S'il avait &#233;t&#233; encore l&#224;, si j'avais essay&#233; d'y grimper, je l'aurais s&#251;rement perdu pour toujours.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_75 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://relire.net/oloe/IMG/jpg/cerises-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/jpg/cerises-2.jpg?1395229070' width='500' height='373' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photos d'&#233;cran, JB.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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