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	<title>Olo&#233;s du monde entier</title>
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		<title>14 Ickburgh Road, London E5 8AD, 1991</title>
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		<dc:date>2014-03-08T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Sabine Huynh</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La rue Ickburgh &#233;tait en r&#233;alit&#233; une route, Ickburgh Road, bord&#233;e aujourd'hui de 141 logements&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Londres en 1991 il y avait cette chambre au 14 de la rue Ickburgh, London E5 8AD, dans le quartier de Clapton, adjacent &#224; celui de Hackney, s'y confondant m&#234;me, au point qu'aujourd'hui les Claptoniens se croient Hackneyiens, alors qu'il y a plus de vingt ans, on se savait Claptonien. Le d&#233;sespoir, coiff&#233; de dreadlocks pouilleux et tra&#238;nant des pieds trop maigres dans des godasses trop grandes, un caddie rempli de radio-cassettes cass&#233;s et de canettes et bouteilles consign&#233;es, se croisait quotidiennement &#224; Clapton, devant ses magasins de meubles d'occasion, et tout aussi souvent &#224; Hackney, autour de sa mare aux canards affam&#233;s qui mouraient de froid en hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rue Ickburgh &#233;tait en r&#233;alit&#233; une route, Ickburgh &lt;i&gt;Road&lt;/i&gt;, bord&#233;e aujourd'hui de 141 logements (d'apr&#232;s Zoopla smarter property search) et qui &#224; l'&#233;poque d&#233;bouchait sur une &#233;norme benne &#224; ordures qui en faisait un cul de sac. Cette chambre du 14 de la rue Ickburgh, vaste pi&#232;ce &#224; la moquette blanche et boucl&#233;e aux roses &#233;panouies &#8211; moquette que l'on croyait unie, vert-de-gris sombre, et qui ne r&#233;v&#233;la son jardin qu'au bout de trois heures d'acharnement &#224; la brosse de nettoyage pour chevaux et au shampooing-moquettes &#8211; se situait au premier &#233;tage d'une maison partag&#233;e par neuf r&#233;sidents : une apprentie-chauffeur de taxi qui nous avait fait croire que la maison (en r&#233;alit&#233; un squat) lui appartenait et r&#233;coltait le loyer mensuellement ; un chauffeur de taxi irlandais ancien alcoolo qui avait &#233;crit en lettres majuscules noires au-dessus de son lit les mots &lt;i&gt;I AM A TEETOTALLER&lt;/i&gt; (&#171; je ne bois jamais d'alcool &#187;) ; une jeune indienne infirmi&#232;re de nuit &#224; l'h&#244;pital Saint-Bartholomew, timide et discr&#232;te, qui ne sortait plus de sa chambre depuis le jour o&#249; elle avait fait tomber dans les escaliers une petite culotte rose que lui avait ramen&#233;e le chauffeur de taxi ; une barmaid avec un pr&#233;nom de diva, originaire de l'&#238;le de Malte, qui partait travailler apr&#232;s avoir &#233;pingl&#233; dans ses cheveux roux une fleur assortie &#224; son rouge &#224; l&#232;vres et rentrait souvent &#224; quatre pattes, d&#233;coiff&#233;e, compl&#232;tement sao&#251;le ; un gentil ouvrier dans le b&#226;timent qui ne mangeait que du pain grill&#233; tartin&#233; de Marmite (&lt;i&gt;love it, hate it&lt;/i&gt;), et m&#234;me le soir de No&#235;l ; un employ&#233; de banque australien dont la plantureuse petite amie secouait toute la maison le week-end avec ses orgasmes saccad&#233;s, sonores et interminables ; un jeune DJ bangladeshi recherch&#233; par le p&#232;re de sa petite amie qui voulaient le tuer pour venger l'honneur de sa fille ; le petit ami de l'apprentie-chauffeur de taxi qui faisait de la voyance par t&#233;l&#233;phone et prenait la cage d'escaliers pour son bureau ; et une toute jeune prof de fran&#231;ais de dix-neuf ans qui b&#233;gayait et se faisait agresser par ses &#233;l&#232;ves dans la cour de l'&#233;cole pour filles o&#249; elle travaillait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons &#224; la chambre, m&#234;me si tout ce qui s'y &#233;crivait ne pouvait &#234;tre qu'impr&#233;gn&#233; de la vie des r&#233;sidents du 14 Ickburgh Road. Elle contenait une penderie branlante de couleur cr&#232;me, assortie au bureau et au grand lit carr&#233;, un mini r&#233;frig&#233;rateur blanc, et une petite commode de la m&#234;me couleur sur laquelle &#233;tait pos&#233;e une plaque &#233;lectrique. Cet ersatz de studio meubl&#233; donnait sur la rue, une rue calme, des rang&#233;es de maisons en briques coll&#233;es les unes aux autres, pratiquement identiques, si bien qu'il arrivait qu'on se trompe de maison en rentrant chez soi. La pi&#232;ce &#233;tait &#233;clair&#233;e par les trois pans &#224; guillotine d'une &lt;i&gt;bow window&lt;/i&gt;, une fen&#234;tre typiquement londonienne qui s'avan&#231;ait vers l'ext&#233;rieur en arc de cercle, d&#233;tail important, puisque le petit bureau o&#249; &#233;crire &#233;tait lov&#233; dans l'alc&#244;ve abrit&#233;e par la baie vitr&#233;e. En r&#233;alit&#233;, il s'agissait d'une coiffeuse Louis XV &#233;poque dix-huiti&#232;me dans le go&#251;t italien, comme diraient les antiquaires, avec trois tiroirs en fa&#231;ade et un plateau recouvert d'une &#233;paisse plaque de verre. Elle &#233;tait surplomb&#233;e d'un miroir ancien &#224; trois faces repliables. Trop basse, on ne pouvait s'y asseoir que gr&#226;ce &#224; un tabouret de piano r&#233;glable, dont l'assise &#233;tait rectangulaire et recouverte de velours caramel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assis l&#224;, face aux pans de verre poli et de verre transparent, si l'on regardait &#224; droite et &#224; gauche, on pouvait facilement voir dans les chambres des maisons voisines, mais ces souvenirs remontent &#224; longtemps et seul celui d'un pied de cannabis subsiste, dont on sentait l'odeur quand les fen&#234;tres &#233;taient ouvertes. Et le souvenir d'une photographie s&#233;pia aussi : celle d'une jeune fille &#224; la chevelure brune abondante, relev&#233;e dans un chignon l&#226;che, dont le visage aux joues encore pleines se refl&#233;tait dans les miroirs. Prenant appui sur cette coiffeuse, elle &#233;crivait ses premiers po&#232;mes en anglais, dans un carnet &#224; fleurs. Sur des cyclistes s'&#233;poumonant aux c&#244;t&#233;s de bus rouges &#224; imp&#233;riale. Sur une vieille femme noire constamment press&#233;e, qui, comme le li&#232;vre de Mars, arr&#234;tait tous les passants pour leur demander l'heure exacte. Sur des r&#234;ves o&#249; voguaient des navires vikings color&#233;s. Sur une chambre froide et humide &#224; l'autre bout de Londres, &#233;clair&#233;e &#224; la bougie, o&#249; l'on faisait l'amour pour se r&#233;chauffer les jours o&#249; la nuit tombait en pleine apr&#232;s-midi et o&#249; le chauffage &#233;tait coup&#233;. Elle esp&#233;rait que ce serait &lt;a href='http://relire.net/oloe/Oloe-de-la-cabine-Antar-1969' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la derni&#232;re ann&#233;e du silence&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : capture d'&#233;cran d'une recherche du quartier (visiblement gentrifi&#233; depuis) par SH.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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