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	<title>Olo&#233;s du monde entier</title>
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		<title>Olo&#233;s du monde entier</title>
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		<title>Une cuisine dans la nuit au Revest</title>
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		<dc:date>2016-01-24T05:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte C&#233;l&#233;rier</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La nuit est tomb&#233;e sur le jardin, sur le village&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://relire.net/oloe/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton116.jpg?1453590181' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La nuit est tomb&#233;e sur le jardin, sur le village, la pente &#224; laquelle il s'adosse, les bois et leur couronne de calcaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux pas dormir, malgr&#233; le changement de rythme, il est encore trop t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai regard&#233; par la fen&#234;tre de ma chambre les lumi&#232;res dans la plaine, le r&#233;verb&#232;re au coin du jardin et les formes ind&#233;cises des arbustes. L'envie de fumer se faisait pressante, comme un petit adieu au jour, et comme suis dans une maison de non fumeurs, comme maison pr&#234;t&#233;e est maison respect&#233;e, m&#234;me en l'absence de ses occupants, au risque d'un inconfortable sentiment de culpabilit&#233;, ai pris mon sac, suis descendue, ai r&#244;d&#233; un moment sur le gravier, &#224; la lisi&#232;re de la lumi&#232;re venant de la cuisine, avant d'&#233;craser mon petit cigare parce que je m'ennuie, de rentrer et puis, comme le sommeil ne vient toujours pas, comme la pi&#232;ce est claire et chaleureuse de toute la vie qui s'y d&#233;roule d'ordinaire, j'ai tir&#233; une des chaises de paille, ai pos&#233; sur la table, &#224; c&#244;t&#233; de la petite coupe &#8211; dans notre enfance on appelait &#231;a compotier &#8211; o&#249; s'entassent en un assemblage esth&#233;tique et l&#233;g&#232;rement inhabituel un petit butternut rose, des oranges et les courbes jaunes de deux bananes, mon petit carnet et un Masque que j'ai cueilli sur un rayonnage du palier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le frais de la nuit passe par la porte entrebaill&#233;e, une voiture passe, un chien la salue&#8230; je note ma journ&#233;e &#8211; ce qui pr&#233;c&#232;de &#8211;, je regarde la nuit, j'ouvre le livre, m'installe dans un village anglais, fais connaissance avec les personnages et quand je sens que prends go&#251;t &#224; l'intrigue, je ferme la porte sur le jardin, je tourne la cl&#233;, mais en montant terminer ma lecture dans la chambre, un scrupule me vient, je redescends pour fermer le volet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un olo&#233; au bord de la mer, plus un autre</title>
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		<dc:date>2015-12-17T13:30:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte C&#233;l&#233;rier</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Je ne sais plus vraiment quel &#233;tait le livre&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/oloe/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton109.png?1450358677' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On sort de la gare, dos au Faron, face aux fesses d'un matelot de pierre. On est &#224; Toulon o&#249; les statues ont la f&#226;cheuse habitude de nous tourner le dos, nous invitant &#224; regarder avec elles vers la mer. Alors on suit leur indication, et on prend un trolley ou un bus, selon l'&#233;poque, et on s'en va vers la mer, on atteint le port, et puis on continue vers le Mourillon, et l&#224;, quand le boulevard Bazeilles retrouve l'ouverture de la rade avec le petit port sous la garde du fort, je ne suis pas partie &#224; pied le long du littoral, je suis revenue, et quand la voiture de Google ne pouvait plus me suivre, ai continu&#233; apr&#232;s les bornes de pierre &#224; l'or&#233;e du chemin des douaniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus loin, dans le mur bordant les villas, entre deux gloriettes, il y a une petite porte. On descend un escalier qui se fraie passage entre deux murs &#8211; pour se trouver dans un petit puits &#224; l'abri des regards, on se retourne et il y a une porte, la porte d'une ancienne casemate sous le chemin devenue un petit appartement-nid ouvert sur la mer, n'ayant d'autre contact avec autrui que, parfois, le bruit que fait un visiteur en sautant &#224; pied joint sur la terre du chemin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/png/capture_d_e_cran_2015-12-17_a_14.23.04.png?1450358703' width='500' height='397' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait au d&#233;but du premier mariage de ma s&#339;ur. Elle devait avoir un peu moins de vingt-deux ans, j'en avais vingt-trois, j'&#233;tais amoureuse de leur couple, et j'&#233;tais venue passer deux ou trois jours, premi&#232;re retrouvaille avec la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait une ou deux pi&#232;ces inoccup&#233;es, ne prenant jour que par des petites fen&#234;tres sur le trou d'acc&#232;s, l'une encombr&#233;e de cantines o&#249; se sont gorg&#233;s d'humidit&#233; les beaux draps venus de Cholet et une veste de daim, et, sur la rade, leur chambre et la grande pi&#232;ce o&#249; je dormais, o&#249; me suis r&#233;veill&#233;e le premier matin, la joue pos&#233;e sur le drap que l'air rendait humide. Me suis redress&#233;e sur mes coudes et suis rest&#233;e l&#224;, les yeux dans le ciel qui venait au jour, aux couleurs, l'eau qui lentement prenait vie, &#233;mergeant de la blancheur gris&#226;tre, les vagues plantes accroch&#233;es &#224; la chute de terre, de cailloux, de rochers. Et pendant que la presqu'&#238;le de Saint-Mandrier se dessinait, cessait d'&#234;tre une barre sombre, j'ai attendu, mes yeux allant de ce dialogue muet avec ma mer retrouv&#233;e au livre pos&#233; sur un petit meuble devant moi, dans le bonheur de cette heure encore ind&#233;cise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais plus vraiment quel &#233;tait le livre, peut-&#234;tre un livre pr&#234;t&#233; la veille, parce qu'on en avait parl&#233; en d&#238;nant, plus vraisemblablement les Essais de Montaigne, ce Pl&#233;iade que pendant des ann&#233;es j'ai mis dans ma valise et qui a tra&#238;n&#233; un peu partout, qui est l&#224; sur un rayonnage dans la partie large de l'antre, pauvre livre presque aussi marqu&#233; par les ans que moi. Il doit m&#234;me y avoir encore, j'en trouve quand, de plus en plus rarement, je l'ouvre, des traces de ces lectures de vacances, des brindilles, ces herbes s&#232;ches qui me ram&#232;nent aux matin&#233;es de repos et vraie lecture, hors ville et hors festival, &#224; plat-ventre sur le terrain, le pr&#233; mit&#233;, qui entourait le lyc&#233;e, route de Montfavet, quand je venais &#224; Avignon en profitant de l'hospitalit&#233; des CEMEA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montaigne me joue un tour, voil&#224; que ces journ&#233;es remontent avec tant de force en moi, que j'en reste l&#224;&#8230; reviens pour aujourd'hui &#224; la rade, au bleu sous la lumi&#232;re qui s'installe, aux bruits qui m'indiquent qu'il est temps de quitter mon lit, de lui rendre son aspect de divan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Olo&#233; chez mes anc&#234;tres</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte C&#233;l&#233;rier</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Ces deux murs nus et ce banc solitaire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://relire.net/oloe/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton92.jpg?1446617826' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce serait &#224; Chimilin, en m'&#233;chappant du snack-bar l'Irr&#233;elle &#8212; trop mang&#233;, surtout trop regard&#233; manger, trop de mots &#233;chang&#233;s qui parlaient de la famille telle que ne la vois plus gu&#232;re depuis notre enfance, des tantes oubli&#233;es et mortes, des cousins et leur descendance, des enfants d'enfants dont j'ignorais ou avais oubli&#233; l'existence&#8230; &#8212; laissant attabl&#233;s mes trois compagnons que j'avais suivi pour regarder, d&#233;couvrir le cadre, non plus les pierres certainement disparues depuis longtemps, mais la forme que la terre prenait l&#224;, l'air qu'on y respirait, le cadre donc o&#249; avaient v&#233;cu les anc&#234;tres qui nous ont l&#233;gu&#233; leur nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; il y avait cet endroit pour s'isoler en pleine vue, cet angle vide que faisaient deux maisons de la rue principale, ces deux murs nus et ce banc solitaire, premi&#232;re chose que l'on voyait en avan&#231;ant, du moins si quelqu'un y &#233;tait assis, en &#233;vidence, tellement en &#233;vidence que l'assis devenait chose, disparaissait, ou voulait le croire, et puis cet arbre qui &#233;tait presque un dessin d'arbre... alors me suis assise, et j'ai ouvert mon sac et sorti les notes, l'&#233;bauche que P venait de nous distribuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lisais, regardais autour de moi, me demandant quel &#233;tait l'aspect du village aux 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cles, gommant l'&#233;glise, et les trois boutiques, boulangerie, pharmacie, ne sais quoi, align&#233;es sagement dans des petites boites semblables, faisant la moue aux autres b&#226;timents, m'interrogeant sur l'aspect, le caract&#232;re, les pens&#233;es, amours, r&#233;voltes, soucis de ceux qui nous avaient pr&#233;c&#233;d&#233;s l&#224;... et puis une invraisemblance, une similitude de pr&#233;noms, m'a fait plonger ma main dans mon sac, en sortir un stylo-bille, le faire cliquer pour &#233;crire en vert, au verso de la feuille, quelques mots, prendre le stylo entre mes dents en regardant dans le vague, revenir &#224; la feuille, commencer une petite histoire, et je cherchais &#224; deviner son d&#233;roulement quand les autres sont sortis du restaurant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un olo&#233; encaiss&#233;</title>
		<link>http://relire.net/oloe/Un-oloe-encaisse</link>
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		<dc:date>2014-05-15T19:28:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte C&#233;l&#233;rier</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;C'&#233;tait un mois d'ao&#251;t.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://relire.net/oloe/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton79.jpg?1400181814' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='67' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait un mois d'ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le retour dans la famille apr&#232;s un &#233;chec... c'&#233;tait l'abandon des &#233;tudes, et les derni&#232;res vacances familiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une vall&#233;e encaiss&#233;e o&#249; la seule issue pour les yeux et l'esprit &#233;tait, dans l'axe, la masse du Pelvoux, comme un dieu, une bienveillance d&#233;clar&#233;e, une oppression permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, comme principale ressource, guetter les modifications de la montagne sous la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le vieil homme qui, chaque matin, sortait sur le balcon d'un chalet voisin, se plantait face au soleil naissant, le saluait d'un chant &#233;trange et incompr&#233;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le tome un des m&#233;moires de Saint Simon pour des plong&#233;es-absence du lieu et du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'&#233;tait aussi le regard redevenu tendre sur la m&#232;re, c'&#233;tait cette surprise, l'enfant &#224; venir &#8211; oh le jour o&#249; avec g&#234;ne le p&#232;re &#233;tait venu m'en parler &#8211; c'&#233;tait cette surprise, cette naissance balayant toute la lassitude que j'avais devant la marmaille, la masse des s&#339;urs, fr&#232;res, cousins qui me suivaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait une attente joyeuse, &#231;a a &#233;t&#233; des petits vers &#233;bauch&#233;s en secret et d&#233;truits, &#231;a a &#233;t&#233; le go&#251;t du r&#233;el, du f&#233;minin, &#231;a a &#233;t&#233; se rappeler l'apprentissage n&#233;glig&#233;, &#231;a a &#233;t&#233;, en alternance avec les querelles de pr&#233;s&#233;ance entre les ducs, les campagnes au del&#224; du Rhin, deux aiguilles, une pelote de laine, ce fut triomphalement venir en un mois au bout d'une brassi&#232;re, si d&#233;licieusement petite qu'elle servit le jour de la naissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Olo&#233; conditionnel</title>
		<link>http://relire.net/oloe/Oloe-conditionnel</link>
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		<dc:date>2014-03-07T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte C&#233;l&#233;rier</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Olo&#233; imaginaire ou presque, dans le pass&#233;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://relire.net/oloe/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton67.jpg?1393965698' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On dirait que ce serait l'&#233;t&#233;, ou plut&#244;t sa fin, un peu avant la rentr&#233;e des classes, il y a longtemps, &#224; c&#244;t&#233; d'une maison amie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on serait mont&#233; sur les pentes du Faron, en suivant l'&#226;nesse charg&#233;e de provisions pour le d&#238;ner, puisqu'il n'y avait pas encore de route, juste un chemin aussi caillouteux qu'un torrent,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;on aurait suivi le Colonel dans les restanques, on l'aurait &#233;cout&#233; raconter comment il les avait construites avec un voisin, et nous expliquer, trop vaguement, parce qu'il savait que nous ne comprendrions pas, la construction des murs de pierres s&#232;ches,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et apr&#232;s le go&#251;ter, avant que la nuit tombe et qu'on allume les lampes &#224; p&#233;trole, j'aurais laiss&#233; les autres jouer ou discuter et je serais sortie avec un livre et une machine &#224; lire qui ne serait pas encore imagin&#233;e, pour d&#233;couvrir, en levant de temps en temps les yeux pour r&#234;ver devant la vue, des textes qui ne seraient pas encore &#233;crits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dans l'antre</title>
		<link>http://relire.net/oloe/Dans-l-antre</link>
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		<dc:date>2014-02-13T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Brigitte C&#233;l&#233;rier</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Pour m'absorber en lecture, il me faut instabilit&#233;, qu'importe si illusoire.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://relire.net/oloe/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/oloe/IMG/logo/arton48.jpg?1391542759' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'antre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;paules appuy&#233;es au mur&lt;br class='autobr' /&gt;
corps en biais courb&#233; au dessus du radiateur,&lt;br class='autobr' /&gt;
une musique qui rode, que j'oublie,&lt;br class='autobr' /&gt;
le kobo, ou un livre en mains, et mes yeux qui m'y invitent, qui m'entra&#238;nent dans le texte,&lt;br class='autobr' /&gt;
des pauses o&#249; je regarde face &#224; moi sans voir...&lt;br class='autobr' /&gt;
et quand j'ai trop chaud, je fais quelque pas, je pose le livre, le texte, sur la table, me penche dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'essaie d'apprendre &#224; lire assise, confortablement, dans un fauteuil, sur une chaise&#8230; ne le puis &#8211; sauf parfois dans une salle d'attente, parce que l&#224; c'est normal, et que la petite attention n&#233;cessaire aux mouvements pour ne pas faire attendre quand viendra mon tour cr&#233;e la note d'inconfort dont j'ai besoin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture a &#233;t&#233; trop longtemps une &#233;vasion, un rapt sur le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour m'absorber en lecture, il me faut instabilit&#233;, qu'importe si illusoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
lire Platon pos&#233; sur une &#233;paule inconnue aux heures de pointe dans le m&#233;tro&lt;br class='autobr' /&gt;
suivre l'histoire de la restauration en me tordant les chevilles sur un sentier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mes olo&#233;s, m&#234;me devenus rites, devaient garder une id&#233;e, devenue factice, de d&#233;tournement, sembler fragiles&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Devaient, parce que l'ordinateur contraint mon corps &#224; l'immobilit&#233;, la frontalit&#233;, parce que n'ai jamais &#233;t&#233; aussi souvent assise que depuis que suis dans l'antre &#8211; sur une fesse, tout de m&#234;me, un peu de biais, les mains pas tout &#224; fait d'aplomb, juste par un refus instinctif de l'ordre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224; que les mots qui se risquaient dans mes moments de r&#234;verie, que n'avais jamais imagin&#233;s que pos&#233;s sur l'air fugitif, avec lesquels je jouais, &#224; cause ou gr&#226;ce &#224; cette machine, &#224; paum&#233;e, je les garde, ils veulent rester, demandent &#224; &#234;tre trac&#233;s, lisibles ou non, sur le petit carnet que je pose devant moi...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Photo : BC&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>



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