Où Lire Où Écrire

Un fauteuil, de Paris XI à Saint-Denis (93)

jeudi 20 février 2014, par Christine Simon

Acheté en 1981, cinq cents francs, chez un brocanteur, est-ce dans la rue Jean-Pierre Timbaud, une petite galerie tout en longueur, occasion à saisir, – j’habite à côté, on n’est pas trop de deux pour le porter, cet oloé. L’inaugure avec la lecture du Préparatifs de noce à la campagne de Kafka, m’y assieds aussi pour écrire.

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Il tourne sur lui-même, s’incline un peu en arrière, un fauteuil de bureau, production en petite série, sans doute. L’imagine installé dans une officine de détective, avec un bureau de chêne massif qui doit lui être assorti.

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À la maison, il s’accole à une table, récupérée sur un trottoir, poncée de longues heures dans l’atelier d’ébénisterie d’un copain, rue du faubourg Saint-Antoine, et une fois la plaque de formica retirée, du Louis XV en acajou, une aubaine.

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Pour écrire sur la table, mes ordinateurs successifs, un antique, écran bronze, peut-être Honeywell Bull, une TTX80 récupérée à la fac, l’IBM à boule, un Macintosh (le petit cube), les PC, Packard Bell, Toshiba, Hewlett Packard, puis des générations de SONY VAIO.

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En fait, ne paie pas de mine, ce fauteuil, mais j’en aime l’assise droite, la posture de lecture (avec coussin de préférence), et ce rien d’américain, ce mot pensé en le voyant, le trépied sans doute et son côté rustique.

Les bras appuyés sur les coudes mettent le livre juste à la bonne hauteur, c’est pratique, même pour les gros bouquins, ça n’est pas un problème, souvenir de L’Entretien Infini de Blanchot, porté sans effort.

Y lirai toujours, même si plus là, le sentiment de soi dans la lecture, la coulure de l’écrit jusqu’à la base de la page, et le corps à l’ouvrage, l’écriture.

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