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	<title>&#192; Louvre Ouvert</title>
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	<description>Avec une excursion au Grand Palais : Bill Viola. Se rep&#233;rer dans le Mus&#233;e.</description>
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		<title>La peau, ce d&#233;tail</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cile Portier</dc:creator>


		<dc:subject>Pavillon Sully</dc:subject>
		<dc:subject>Marie-Guillemine Benoit</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Didi-Huberman</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;onora Miano</dc:subject>
		<dc:subject>Balzac</dc:subject>
		<dc:subject>Franz Fanon</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Retour sur les pistes d'&#233;criture propos&#233;es &#224; partir du tableau de Marie Guillemine Benoit, Portrait d'une femme noire&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau" rel="directory"&gt;Que faire de la peau ?&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Pavillon-Sully" rel="tag"&gt;Pavillon Sully&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Marie-Guillemine-Benoit" rel="tag"&gt;Marie-Guillemine Benoit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Georges-Didi-Huberman" rel="tag"&gt;Georges Didi-Huberman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Leonora-Miano" rel="tag"&gt;L&#233;onora Miano&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Balzac" rel="tag"&gt;Balzac&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Franz-Fanon" rel="tag"&gt;Franz Fanon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/logo/arton154.jpg?1458312297' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans l'ordre des repr&#233;sentations, la peau est toujours un probl&#232;me. Est encore un probl&#232;me. La peau, sous-entendu, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/250216/l-etat-justifie-les-controles-au-facies&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sa couleur&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une chose qu'on entend, je l'ai entendu, qu'il est plus difficile d'avoir une fiabilit&#233; des photographies d'identit&#233;, pour des personnes qui ont la peau noire (et le soup&#231;on alors, de la falsification, qui en d&#233;coule, comme &lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En peinture, il y eu longtemps comme une sorte d'impens&#233;, dirait-on : on parlait des d&#233;fis que repr&#233;sentait la peau &#224; peindre, mais on parlait toujours de la peau blanche. Il suffit de lire ce passage du &lt;i&gt; Chef d'&#339;uvre inconnu &lt;/i&gt; de Balzac, sur le d&#233;fi que repr&#233;sente le rendu de la couleur de la chair :&lt;i&gt;&#034;J'ai &#233;bauch&#233; ma figure dans un ton clair avec une p&#226;te souple et nourrie, car l'ombre n'est qu'un accident, retiens cela, petit. Puis je suis revenu sur mon &#339;uvre, et au moyen de demi-teintes et de glacis dont je diminuais de plus en plus la transparence, j'ai rendu les ombres les plus vigoureuses et jusqu'aux noirs les plus fouill&#233;s ; car les ombres des peintres ordinaires sont d'une autre nature que leurs tons &#233;clair&#233;s ; c'est du bois, de l'airain, c'est tout ce que vous voudrez, except&#233; de la chair dans l'ombre. On sent que si leur figure changeait de position, les places ombr&#233;es ne se nettoieraient pas et ne deviendraient pas lumineuses. J'ai &#233;vit&#233; ce d&#233;faut o&#249; beaucoup d'entre les plus illustres sont tomb&#233;s, et chez moi la blancheur se r&#233;v&#232;le sous l'opacit&#233; de l'ombre la plus soutenue ! &#034;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, la repr&#233;sentation de la peau noire, en art.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eu bien ce tr&#232;s beau et triste portrait de Catherine, femme africaine (domestique) par D&#252;rer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses yeux baiss&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_200 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/jpg/portrait-of-african-woman-catherine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/jpg/portrait-of-african-woman-catherine.jpg?1456479352' width='500' height='714' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les yeux de la femme noire peinte par &lt;a href=&#034;http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=759&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marie-Guillemine Benoit&lt;/a&gt; nous regardent, regardent celle qui la peint, et c'est ce qui change. C'est ce qui change &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt;, pas seulement le fait de faire poser une domestique noire comme si c'&#233;tait Madame R&#233;camier, sur un fauteuil de velours. Pas seulement le fait de doter cette femme magnifique des attributs d'une nouvelle Marianne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce regard pos&#233; nait un espoir : deux subjectivit&#233;s sont l'une en face de l'autre, elles se reconnaissent. De ce regard pos&#233; naissent des suppositions : que s'est-il pass&#233;, pendant les temps de pose, entre la peintre et son mod&#232;le ? Des paroles ont-elles &#233;t&#233; &#233;chang&#233;es ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce texte de Franz Fanon dans &lt;i&gt;Peau noire, masques blancs&lt;/i&gt; (1952) rappelle l'impossibilit&#233; de fictionnaliser un dialogue : faire passer l'&#233;change par la langue viendrait &#224; nier ce qui possiblement, dans ce regard, s'&#233;change d'humain sans consid&#233;ration de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034; Le probl&#232;me que nous envisageons dans ce chapitre est le suivant : le noir antillais sera d'autant plus blanc, c'est-&#224;-dire se rapprochera d'autant plus du v&#233;ritable homme, qu'il aura fait sienne la langue fran&#231;aise. Nous n'ignorons pas que c'est l&#224; l'une des attitudes de l'homme en face de l'Etre. Un homme qui poss&#232;de le langage poss&#232;de par contre le monde exprim&#233; et impliqu&#233; par ce langage. On voit o&#249; nous voulons en venir : il y a dans la possession du langage une extraordinaire puissance. Paul Val&#233;ry le savait qui faisait du langage &#034;le dieu dans sa chair &#233;gar&#233;&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; Pour l'instant, nous voudrions montrer pourquoi le noir antillais quel qu'il soit, a toujours &#224; se situer en face du langage. Davantage, nous &#233;largissons le secteur de notre description, et par-del&#224; l'antillais, nous visons tout homme colonis&#233;. Tout peuple colonis&#233; -c'est-&#224;-dire tout peuple au sein duquel a pris naissance un complexe d'inf&#233;riorit&#233;, du fait de la mise au tombeau de l'originalit&#233; culturelle locale- se situe vis-&#224;-vis du langage de la nation civilisatrice, c'est-&#224;-dire de la culture m&#233;tropolitaine. Le colonis&#233; se sera d'autant plus &#233;chapp&#233; de sa brousse qu'il aura fait siennes les valeurs culturelles de la m&#233;tropole. Il sera d'autant plus blanc qu'il aura rejet&#233; sa noirceur, sa brousse.&lt;/i&gt;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis ces mots de L&#233;onora Miano dans &lt;i&gt;Les aubes &#233;carlates&lt;/i&gt; : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#034;Toi dont la conscience cherche &#224; songer l'intangible, tiens la r&#233;ponse &#224; tes questions : nous sommes l'absurde du quotidien. Nous sommes la haine du fr&#232;re, la haine de soi. Nous sommes l'impossibilit&#233;, l'entrave au jour qui vient. Nous en avons emprisonn&#233; les contours au creux de notre main immat&#233;rielle, et nous disons :&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il soit fait clair pour tous que le pass&#233; ignor&#233; confisque les lendemains.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il soit fait clair pour tous qu'en l'absence du lien primordial avec nous, il n'y aura pas de passerelle vers le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il soit fait clair pour tous que la saign&#233;e ne s'est pas ass&#233;ch&#233;e en d&#233;pit des si&#232;cles et qu'elle hurle encore, de son tombeau inexistant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il soit fait clair pour tous que rien ne sera reconstruit, chez ceux qui n'assur&#232;rent pas notre tranquillit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne crains pas de comprendre, de rapporter notre propos. Nous sommes les cieux obscurcis qui s'&#233;paississent inlassablement, tant qu'on ne nous a pas fait droit.&#034; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait de revenir sur ce tableau comme sur un temps qui a du mal &#224; passer. Et se servir d'autre chose que le langage lui-m&#234;me pour nourrir la reconnaissance. Se servir du regard, par exemple, comme l'envisage, &#224; propos du silence et du t&#233;moignage, Georges Didi-Hubermann, dans &lt;i&gt;Le blanc souci de notre histoire&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;Regarder ne va pas de soi. D&#233;j&#224; parce que regarder va et vient. Il arrive, par&lt;br class='autobr' /&gt;
exemple, que cela consiste &#224; garder deux fois. Non pas garder simplement, unilat&#233;ralement, garder au sens du ge&#244;lier qui surveille, qui garde et, de temps en temps, regarde par le trou de l'&#339;illeton son prisonnier pour s'assurer de sa cl&#244;ture hors du monde, de sa servitude. Mais plut&#244;t : garder deux fois &#8212; ou plus &#8212;, garder pour aimer, pour endurer, pour rapprocher et non tenir &#224; distance surveill&#233;e. Garder pour prendre soin et maintenir en vie. Garder au sens d'une m&#232;re qui prot&#232;ge son enfant envers et contre tout, le regarde de temps en temps, le veille pour mieux s'assurer de son ouverture au monde, de sa libert&#233;. Il arrive aussi que regarder consiste &#224; ne rien garder du tout. C'est, alors, accepter de perdre &#8212; ou, tout au moins, de ne pas maintenir, de ne pas saisir jusqu'au bout, de ne pas poss&#233;der &#8212; ce que l'on regarde, quand ce que l'on regarde se meut (papillon qui bat des ailes, nous &#233;chappe vers le lointain) ou quand notre propre regard se meut &#224; son tour (j'accepte alors de renoncer au papillon et de laisser divaguer ma vision ailleurs, par exemple vers le lent mouvement des nuages derri&#232;re lui).&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, si je me r&#233;sume : une s&#233;ance de travail sur la question du regard, de la nudit&#233;, de l'opacit&#233; de celui/celle qui est regard&#233;(e) (qui est souvent f&#233;minis&#233;/colonis&#233; en tant qu'objet du regard). Et la question de l'effort du rendu, de comment cela se joue, dans l'&#233;chec n&#233;cessairement, mais dans une rencontre possible au-del&#224; de l'&#233;chec, pour celui qui, sinc&#232;rement, veut faire acte de description et de reconnaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai donc propos&#233; &#224; chacun d'&#233;lire un d&#233;tail du tableau. De s'y attacher comme dans le geste de peindre. De se poser des questions plastiques, techniques : le rendu de la lumi&#232;re sur le front de cette femme, le t&#233;ton dress&#233;, les petits picots autour, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le texte &#224; &#233;crire, donc : un monologue de celle qui peint, qui se concentre sur une partie du tableau seulement, et revient r&#233;guli&#232;rement, n&#233;cessairement, sur le regard de celle qu'elle peint. Et des blancs (sic), assum&#233;s, qui seraient les &#034;r&#233;ponses&#034; non exprim&#233;es du mod&#232;le.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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