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	<title>&#192; Louvre Ouvert</title>
	<link>https://relire.net/louvre-ouvert/</link>
	<description>Avec une excursion au Grand Palais : Bill Viola. Se rep&#233;rer dans le Mus&#233;e.</description>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Il &#233;tait en paix</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fort</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Mus&#233;e du Louvre, 20 janvier 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
A 19h16 se pr&#233;sente devant moi, psychologue chef des arm&#233;es, une personne qui d&#233;clare ne pas savoir qui elle est. Je l'&#233;coute attentivement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle dit &#171; venir pour le meurtre de son fils, arr&#234;t&#233; la veille par des soldats. &#187;Il aurait &#233;t&#233; &#171; d&#233;nonc&#233; &#224; Ponce Pilate pour trouble de l'ordre public &#187;. Elle pr&#233;tend que &#171; c'est faux &#187;. Le lendemain, elle le revoit &#171; dans la rue avec une couronne d'&#233;pines sur la t&#234;te : on voulait le faire passer pour un roi, le roi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Comment-representer-la-souffrance" rel="directory"&gt;Comment repr&#233;senter la souffrance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mus&#233;e du Louvre, 20 janvier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 19h16 se pr&#233;sente devant moi, psychologue chef des arm&#233;es, une personne qui d&#233;clare ne pas savoir qui elle est. Je l'&#233;coute attentivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dit &#171; venir pour le meurtre de son fils, arr&#234;t&#233; la veille par des soldats. &#187;Il aurait &#233;t&#233; &#171; d&#233;nonc&#233; &#224; Ponce Pilate pour trouble de l'ordre public &#187;. Elle pr&#233;tend que &#171; c'est faux &#187;. Le lendemain, elle le revoit &#171; dans la rue avec une couronne d'&#233;pines sur la t&#234;te : on voulait le faire passer pour un roi, le roi des Juifs. Mais dit-elle, il n'est pas le roi des Juifs, il est le fils de Dieu &#187;. &#171; Ca fait 33 ans &#187; qu'elle le &#171; conna&#238;t &#187;. Elle ajoute &#171; qu'on n'a pas le droit de faire &#231;a &#224; une m&#232;re &#187;. Elle veut porter plainte &#171; parce qu'ils l'ont mis sur une croix &#187;. Elle pense qu' &#171; il y est encore &#171; et voudrait qu' &#171; on le descende de sa croix &#187;. Elle hurle : &#171; Pour le crucifier, pour le torturer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours s'av&#232;re compl&#232;tement d&#233;cousu et r&#233;p&#233;titif (la femme poursuit, sans fin). Toujours et encore, elle ressasse son innocence. Elle se dit triste et en col&#232;re, afflig&#233;e, avec deux &#171; f &#187; pr&#233;cise-t-elle (certainement parce qu'elle est institutrice).&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout semble indiquer qu' elle vit dans une autre temporalit&#233;, obs&#233;d&#233;e par le fait que son fils est encore sur la croix. Le seul retour au pr&#233;sent est li&#233; &#224; l'inqui&#233;tude de savoir ce qu'on va faire de ses propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan :&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette personne pr&#233;sente des troubles parano&#239;aques (&#171; J'ai toujours &#233;t&#233; mise &#224; distance &#187;) ainsi que des troubles hallucinatoires (&#171; Ce sont des gardes, sur des chevaux, avec des pics qui emp&#234;chent la foule de se s'approcher &#187;). Elle semble revivre certaines sc&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forte suspiscion de tendances schizophr&#232;nes. La patiente &#233;voque des miracles et revient sur le fait que son fils est le &#171; fils de Dieu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 19h27, elle veut cesser l'entretien. Elle se l&#232;ve et semble s'adresser &#224; un interlocuteur invisible. Elle se calme et se rassied.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle dit que son fils n'avait pas l'air de souffrir, contrairement aux autres. Elle se tait et se mure dans un long silence. Puis elle me regarde fixement : &#171; Il &#233;tait en paix &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PLF&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 20 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir du retable de Niccolo di Liberatore (dit L'Alunno) 1430-1502&lt;br class='autobr' /&gt;
composition : Deux anges portant un cartouche ; Le Christ au Jardin des Oliviers et la Flagellation ; Le Portement de Croix ; La Crucifixion ; Joseph d'Arimathie et Nicod&#232;me sur le chemin du Calvaire. 1492&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Corps et mots</title>
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		<dc:date>2016-04-03T07:08:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fort</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Gangue &#224; conqu&#233;rir pour ne pas souffrir. Armure de mots (ceux de la bouche et de la langue), contre les maux (ceux du corps et de la chair). Fronti&#232;re t&#233;nue, acier qui prot&#232;ge et repousse, pousse les limites pour assurer le centre, centralit&#233;, c&#339;ur au corps. Dire le froid, la fixation, fixit&#233;, figement, enveloppe dure pour corps mou, squelette rigide pour c&#339;ur fragile. Sentir sous la peau le contour dessin&#233; et fix&#233;, ext&#233;nuer la forme pour sentir filer le fonds. Mots immat&#233;riels contre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau-deuxieme-question" rel="directory"&gt;Que faire de la peau, deuxi&#232;me question&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/logo/arton161.jpg?1459667460' class='spip_logo spip_logo_right' width='73' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Gangue &#224; conqu&#233;rir pour ne pas souffrir. Armure de mots (ceux de la bouche et de la langue), contre les maux (ceux du corps et de la chair). Fronti&#232;re t&#233;nue, acier qui prot&#232;ge et repousse, pousse les limites pour assurer le centre, centralit&#233;, c&#339;ur au corps. Dire le froid, la fixation, fixit&#233;, figement, enveloppe dure pour corps mou, squelette rigide pour c&#339;ur fragile. Sentir sous la peau le contour dessin&#233; et fix&#233;, ext&#233;nuer la forme pour sentir filer le fonds. Mots immat&#233;riels contre contour corporel, dessin&#233; &#224; m&#234;me le muscle et les tendons, la chair pour le Verbe, l'armure comme don. Protection et frein tout &#224; la fois, &#224; la d&#233;ambulation mais aussi, au dit et au dire, d&#233;passer &#231;a : l'&#233;tui militaire, salut esth&#233;tis&#233; de son plein et de son vide, visible et et invisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi &#8211; mais bien s&#251;r : &#233;rotisme du d&#233;voilement, voile du palais, montrer le corps en le dissimulant, sachant qu'on le cache, le l&#226;che, ch&#226;le laiteux de mots qui r&#233;chauffe le froid de l'acier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forme prot&#233;geant de l'in-forme, la vie en mots, sans les maux. La vie en mots (ceux de la bouche et de la langue), la vie sans les maux (ceux du corps et de la chair). Boucle boucl&#233;e, d&#233;but &#8211; arriv&#233;e, la fin dans le commencement, fer et faire, m&#233;tal et action, int&#233;rieur contre ext&#233;rieur, corps uni, pieds fix&#233;s, bouche li&#233;e, ensemble reli&#233;s. Armure. Deux syllabes pour murer l'art, renverser le sens, inverser le cours &#8211; des choses et des causes &#8211;armure pour tout mur, &#226;me et corps, corps et mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.L.F&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 27 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir de l'Armure d'Henri II, vers 1559, France, fer repouss&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Situation : Richelieu, 1er &#233;tage, Charles Quint, Salle 24&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La main (&#231;a recommence)</title>
		<link>http://relire.net/louvre-ouvert/La-main-ca-recommence</link>
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		<dc:date>2016-02-26T07:28:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Louis Fort</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ca recommence. Elle bouge. Imperceptiblement. Mais elle bouge. Comment r&#233;ussir &#224; la saisir si elle ne tient pas en place. Je crois que je n'arriverai pas &#224; peindre sa main droite si elle continue ainsi. Soyons franche, j'ai tr&#232;s bien r&#233;ussi la main gauche, la finesse des doigts, le l&#233;ger &#233;cartement entre l'index et le majeur, le contraste entre la peau mate et le tissu l&#233;g&#232;rement rugueux, le chatoiement infini du blanc qui tranche avec la noirceur de sa carnation. Mais cette deuxi&#232;me main, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://relire.net/louvre-ouvert/Que-faire-de-la-peau" rel="directory"&gt;Que faire de la peau ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://relire.net/louvre-ouvert/IMG/logo/arton151.png?1456478003' class='spip_logo spip_logo_right' width='117' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ca recommence. Elle bouge. Imperceptiblement. Mais elle bouge. Comment r&#233;ussir &#224; la saisir si elle ne tient pas en place. Je crois que je n'arriverai pas &#224; peindre sa main droite si elle continue ainsi. Soyons franche, j'ai tr&#232;s bien r&#233;ussi la main gauche, la finesse des doigts, le l&#233;ger &#233;cartement entre l'index et le majeur, le contraste entre la peau mate et le tissu l&#233;g&#232;rement rugueux, le chatoiement infini du blanc qui tranche avec la noirceur de sa carnation. Mais cette deuxi&#232;me main, celle que je gardais pour la fin, je ne vais pas y arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A peine l'ai-je quitt&#233;e du regard qu'elle modifie imperceptiblement sa position. C'est &#224; devenir folle. Je lui ai pourtant expliqu&#233; qu'il &#233;tait tr&#232;s important de rester statique, que la peinture a beau &#234;tre un art vivant, c'est d'elle presque morte que je dois me nourrir. A se demander si elle ne serait pas trop vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fronce les sourcils pour montrer que je suis concentr&#233;e, oriente ostensiblement mon regard sur cette satan&#233;e main. Je vois du coin de l'&#339;il qu'elle sait ce que je suis en train de faire, m&#234;me si elle semble regarder dans le vide. Elle se joue de moi la n&#233;gresse, moi qui pourtant lui offre tout mon art, lui fait don de ce portrait, la magnifie en moderne Marianne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concentrons nous, travaillons sur cette main. Deux blocs. Elle serre le poing et s&#233;pare les doigts : l'index et le pouce rassembl&#233;s. Bien. Le majeur et l'annulaire &#233;galement. D'accord. L'auriculaire invisible, enfonc&#233; dans le drap&#233; blanc. Parfait. T&#226;chons de peindre &#224; la fois l'unit&#233; mais &#233;galement la singularit&#233; de chacun de ses doigts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais elle recommence. Elle bouge. Et ma main &#224; moi d&#233;rape. J'accentue trop les contrastes, le blanc et le noir. Les doigts que je peins ne ressemblent plus &#224; des doigts. Vite, renforcer la couleur pour accentuer la diff&#233;rence entre le dessus de la main et les doigts, sugg&#233;rer ce l&#233;ger repli sur l'int&#233;rieur. J'y suis presque. Encore une touche ou deux de couleur, ajouter du pigment et ce sera parfait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bouge, bouge tant que tu veux jolie n&#233;gresse, je les ai tes doigts, quand bien m&#234;me tu ne le voulais pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle sourit. Elle ne devrait pas, je dois retoucher la bouche et son expression s'&#233;loigne de cette moue boudeuse que j'avais r&#233;ussi &#224; capter au premier trait de pinceau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Revenons aux doigts. Comment ai-je pu penser un instant &#234;tre satisfaite ? Quelle disgr&#226;ce. Il faut en convenir. Voil&#224; certainement le d&#233;tail le plus rat&#233; de ma composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; que la touche finale d&#233;stabilise la composition d'ensemble. Probl&#232;me de m&#233;thode certainement, pourquoi avoir cette fois atomis&#233; mon tableau, pourquoi avoir peint morceau par morceau alors que, d'habitude, je peins l'ensemble, raffinant couche apr&#232;s couche, d&#233;tail apr&#232;s d&#233;tail. Cette id&#233;e de proc&#233;der par d&#233;tails ne fonctionne pas. Enfin, elle fonctionnait jusqu'&#224; ce que je doive peindre cette horrible main droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus le temps de maquiller cet &#233;norme r&#226;t&#233; : peindre quelque chose par dessus me prendrait trop de temps alors qu'on attend dans la pi&#232;ce d'&#224; c&#244;t&#233; un tableau fini dans moins d'une demie heure. Cette urgence qui me paralyse, c'est elle qui m'a fait &#233;chouer dans la peinture des doigts. Elle, et cette absence d'immobilit&#233; du mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que l'ensemble fonctionnait tellement bien. Qu'en penseront les g&#233;n&#233;rations &#224; venir ? Qu'en dira-t-on dans 200 ou 300 ans ? Les spectateurs du tableau souligneront la gr&#226;ce et la l&#233;g&#232;ret&#233; de l'ensemble et puis, &#224; un moment ou &#224; un autre, ils reviendront sur cette main rat&#233;e. Et ils resteront sur cette impression. Sauf... sauf si je mets ma signature juste au dessus ! Dans cet endroit un peu d&#233;cal&#233;, pas en bas &#224; droite, mais au dessus de la main. C'est inattendu, cela les surprendra ! Excellente id&#233;e ? Apposons notre paraphe au dessus de cet &#233;norme rat&#233;. Il d&#233;tournera l'attention. Et elle aura beau bouger, je signerai d'un trait s&#251;r !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.L.F&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En atelier avec C&#233;cile Portier Le Louvre, 6 janvier 2016&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; partir de : Portrait d'une n&#233;gresse (salon de 1800) H. : 0,81 m. ; L. : 0,65 m. Marie-Guillemine Benoist (1768-1826)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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